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Le Tapura alerte à son tour sur ATN : « Stop aux improvisations et à la gabegie »

Réagissant au courrier alarmant du « collectif ATN » diffusé lundi par des syndicalistes au nom du personnel, le parti d’Édouard Fritch interpelle le gouvernement Brotherson sur situation de la compagnie. « Nous ne pouvons accepter que notre compagnie aérienne internationale devienne l’otage d’arrangements personnels, de luttes d’influence et de décisions improvisées », tacle le Tapura, estimant que l’exécutif préfère protéger le président du conseil d’administration Hiro Arbelot, accusé de nombreuses dérives par le collectif, plutôt que de « remettre de l’ordre » au sein de la Société d’économie mixte.

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Avec sa lettre de onze pages diffusée ce lundi, le « collectif ATN » voulait interpeller les élus et responsables d’institutions. Cela semble réussi, au moins du côté du Tapura qui a jugé ce mardi la teneur de ce courrier signé par trois représentants syndicaux au nom d’une partie du personnel, « extrêmement préoccupant ». « Si les faits rapportés sont avérés, ils montrent les signes d’une compagnie stratégique plongée dans une crise profonde de gouvernance, de management et de vision, mettant en jeu à la fois la sécurité des vols, la cohésion sociale interne et la pérennité financière de l’entreprise, écrit le parti d’Édouard Fritch. Ce courrier fait état d’une confusion manifeste des rôles, d’un climat social délétère, de décisions organisationnelles ayant frôlé le retrait du certificat de transporteur aérien, et de choix industriels contestés, en contradiction avec les conclusions d’audits indépendants. Cela ne peut être pris à la légère ».

Si les syndicats de Air Tahiti Nui avait déjà pointé, sous l’ancienne mandature, le cap flou fixé par le Pays, et une crise de modèle conséquente à l’ouverture du ciel entamée en 2019, le collectif insiste sur l’aggravation de la situation interne depuis les changement de gouvernance de 2024 et début 2025. Principale cible, pour ce qui est de ces derniers mois : le président du conseil d’administration Hiro Arbelot, décrit comme « revanchard », clanique et peu transparent, et qui se comporterait comme un « PDG de fait » . « Cette dérive est d’autant plus choquante que le statut même d’Air Tahiti Nui a été modifié par le gouvernement actuel pour permettre la nomination de M. Arbelot comme PCA indemnisé, à hauteur de quatre fois le SMIG, alors qu’une nomination comme PDG aurait entraîné la suspension de sa pension de retraite issue de la compagnie », écrit le Tapura, qui oublie de préciser que ce changement a surotut été acté pour appliquer une réforme de la gouvernance des Sem votée à l’unanimité, et donc par les autonomistes à l’assemblée.

« Une logique de protection personnelle »

Comme le « collectif ATN » le parti s’interroge sur la « volonté obsessionnelle » de basculer la flotte de Boeing à Airbus, « revirement stratégique aux coûts considérables ». Ou sur le recours à des cabinets « dont les antécédents nourrissent de sérieux doutes sur de possibles conflits d’intérêts », en l’occurrence le cabinet Aérogestion de Marc Rochet, l’ex-patron de French Bee. « À cela s’ajoutent des décisions précipitées, comme la fermeture de la ligne Seattle, dont les créneaux ont été récupérés en quelques heures par une compagnie concurrente, illustrant une improvisation stratégique dangereuse », reprend le communiqué du parti d’opposition pour qui la gestion Air Tahiti, « pilier de l’économie polynésienne », exige « compétence, rigueur, respect des règles et clarté des responsabilités ». L’accent est mis sur la responsabilité du gouvernement Brotherson, qui « plutôt que de remettre de l’ordre », poursuit « une logique de protection personnelle ». Une logique qui aurait poussé à écarter Philippe Marie, en désaccord avec Hiro Arbelot, pour le remplacer par Lionel Guérin, réputé proche du PCA, et dont la nomination, prévue ce jeudi « nécessiterait à son tour une modification des règles internes, en raison de la limite d’âge statutaire ». « Chacun comprend que le futur directeur général risquerait de ne disposer que d’une marge de manœuvre illusoire, précise le communiqué, sous la tutelle directe d’un PCA omniprésent et d’un exécutif politique de plus en plus intrusif », même si le courrier du personnel regrette au contraire le désintérêt du Pays pour sa Sem.

« Gérer Air Tahiti Nui ne s’improvise pas », conclut le Tapura, qui fait le parallèle avec la gestion d’un « pays autonome », et, à deux mois des municipales, des communes. « Nous ne pouvons accepter que notre compagnie aérienne internationale devienne l’otage d’arrangements personnels, de luttes d’influence et de décisions improvisées », appuie le communiqué, demandant au président Brotherson, « le respect strict des règles de gouvernance », « une clarification immédiate des rôles entre PCA et direction générale, « l’arrêt des bricolages statutaires » et « la mise en place d’une stratégie industrielle fondée sur l’intérêt général, les audits indépendants et la sécurité aérienne ».

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