ACTUS LOCALESCULTUREÉVÉNEMENT « À l’ancienne » et à la main… Comment le Cirque de Samoa monte son chapiteau Nanihi Laroche 2026-01-16 16 Jan 2026 Nanihi Laroche Le chapiteau rouge et jaune du Grand Cirque de Samoa a fait son apparition sur le plateau de Outumaoro. Depuis l’arrivée des conteneurs, mardi une quinzaine d’artistes – parmi ceux qui seront sur scène à partir du 21 janvier – s’activent en vue de la grande première du nouveau spectacle Africa. Et il y a du travail : 320 piquets plantés pour maintenir la toile, des estrades et un parquet de bois à assembler, des équipements au sol et aériens, notamment pour l’impressionnant Globe de la mort et les nouveaux hologrammes… Autant de structures qui sont installées « à l’ancienne » et pour l’essentiel « à la main », comme le précise Tupa’i Bruno Loyale, qui a plus de confiance dans le savoir-faire humain que dans les machines. Ça y est, le chapiteau orange et jaune est arrivé sur le plateau de Outumaoro. Et depuis mardi, cette grande salle de spectacle éphémère est en train d’être montée par une quinzaine d’artistes. Et même montée « à la main ». Une originalité assumée par Tupa’i Bruno Loyale, directeur du Grand cirque de Samoa depuis 36 ans, qui a plus confiance dans le savoir-faire de sa troupe que dans les machines. « J’adore les cirques modernes, mais nous ne voulons pas les copier. Nous sommes notre propre cirque, unique », à taille humaine, où la proximité avec le public est centrale, dit-il. « Peu importe où tu t’assois, tu peux voir les artistes : leurs sourires, leurs yeux. C’est comme à l’ancienne », précise le maitre de cérémonie, invité au fenua par SA Productions. Bruno Loyal et Bruno Lionheart Loyale « On fait encore parfois à la main parce que c’est un bon exercice » Depuis l’arrivée des conteneurs mardi, le grand chapiteau rouge et jaune s’élève et se garnit petit à petit. « Environ quinze personnes » participent à l’installation de la structure, et ils font tous partie de la vingtaine d’artistes qui monteront sur scène à partir du 21 janvier pour des représentations quasi-quotidiennes. Durant le spectacle aussi, les circassiens ont plusieurs casquettes : « Vous verrez peut-être une jeune femme qui jongle, et juste après, c’est elle qui vous vendra de la barbe à papa », rappelle ainsi le directeur. Les artistes ont donc enfilé les gants et pris les marteaux pour monter cet immense chapiteau. Ça commence par les deux grands mâts reliés en forme d’arche rectangulaire, qui servent de piliers pour le chapiteau mais aussi pour toutes les attractions aériennes qui y seront fixées. L’arche est amarrée au sol, et à la main par un système de treuil, avec une personne de chaque côté, qui pompent de manière synchronisée, pour que « les poteaux se lèvent ». Il faut ensuite fixer les piquets, 320 en tout qui vont retenir la toile du chapiteau, toujours à la main, mais avec l’aide quand même d’une machine électrique, en place seulement depuis l’année dernière. Elle permet de creuser plus rapidement et plus facilement, surtout dans le sol « dur » de Outumaoro. « Ça fait seulement un an qu’on utilise la machine. Avant, tout se faisait à la main. On le fait encore parfois, parce que c’est un bon exercice ». Quand il faudra quitter Outumaoro, ces piquets seront enlevés au pied cette fois avec un arrache-piquets vieux de 40 ans, « très simple, mais très efficace ». Ici, pas de chariots élévateurs – qui sont trop compliqués à transporter pour Bruno Loyal – comme dans les cirques « modernes ». « On met une chaîne » autour du piquet, calé grâce au pied, et on soulève avec « un système de levier ». « Tous les anciens cirques utilisaient ça, mais aujourd’hui, ils ne le font plus », glisse Tupa’i Bruno Loyale, qui ajoute : « J’ai des artistes qui viennent d’autres cirques, ils ont passé leur vie là-bas, et ils me disent : “c’est quoi ça ?” » Au total, ériger la structure de base du chapiteau prend en moyenne huit heures. Mais c’est loin d’être fini car il faut ensuite installer tout l’intérieur. La climatisation, importante pour le confort des spectateurs, et « un très beau parquet italien, posé à la main, pour que vous ne marchiez pas sur la terre », indique le maitre de cérémonie. Puis les estrades, les équipements spéciaux pour chaque numéro, et l’électricité… Compter en tout près de 12 heures de travail. « Plutôt que la machine, on monte et descend les personnes à la main » Au Grand cirque de Samoa, il n’y a pas que les mâts du chapiteau qui sont montés à la main. Toutes les infrastructures, comme les trapèzes, la structure pour les hologrammes et autres équipements de sécurité, sont montées aussi à la main, avec le même principe de treuil. Bruno Loyal préfère aussi se méfier au savoir-faire des équipes qu’aux machines pour assurer les numéros aériens des acrobates. « On a une machine qui peut monter et descendre les artistes, mais on ne l’utilise pas. Les machines ne sont pas toujours fiables. Quelqu’un peut rester coincé là-haut. Nous, on préfère le faire à la main. » Cinq hommes, situés dans le chapiteau proche de l’entrée, tirent les cordes. « C’est plus sûr. On peut sentir l’artiste. S’il a un problème, on peut le redescendre très vite. La machine serait trop lente », ajoute-t-il. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/CIRQUE-BRUNO-2-mix-machines.wav « Une femme va être suspendue par les cheveux à l’intérieur du Globe de la mort » Le plus long et le plus difficile est l’installation des équipements, comme le Globe de la Mort. « Tout est fait à la main et c’est très chronophage. Il faut boulonner chaque pièce, serrer les écrous, et c’est très lourd. Ça prend trois à quatre heures, avec sept ou huit personnes », indique Bruno Loyal. Le Globe de la mort fait partie des moments forts du spectacle, sans doute l’un des plus dangereux et donc impressionnants. Trois motards roulent à pleine vitesse dans une grande sphère métallique entièrement fermée, se croisant à quelques centimètres les uns des autres. Et cette année, le cirque réserve une surprise inédite, encore jamais présentée. Pour la première fois, « une jeune femme va être suspendue par les cheveux et va tourner, à l’intérieur du Globe, pendant que les motos roulent. On n’a jamais vu ça auparavant », insiste même le directeur. Un numéro baptisé Force de Cheveux. « Peu importe où vous êtes assis, vous pourrez voir ces éléphants et girafes grandeur nature » Autre nouveauté de cette année : les hologrammes. Une plateforme en métal est élevée à près de sept mètres de haut, à laquelle est accrochée « un grand filet blanc très fin », quasi invisible pour le public, de 9 mètres de diamètre qui sert d’écran. Trois projecteurs spéciaux pour hologrammes sont placés de chaque côté pour que « peu importe où vous êtes assis, vous puissiez voir ces éléphants et girafes grandeur nature », indique le maitre de cérémonie. Le tout est relié à un ordinateur piloté par deux spécialistes qui gèrent tout le programme, l’électricité, les lumières et la musique. « Pour tous les enfants qui n’ont jamais vu la taille réelle d’un éléphant, d’une girafe, ou d’animaux de ce type… Ils vont pouvoir voir un énorme éléphant venir juste devant eux, si proche qu’ils pourraient presque le toucher », explique le directeur du cirque. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/CIRQUE-BRUNO-3-mix-hologramme.wav Bruno Loyale précise que le cirque a plusieurs certificats de sécurité : « Celui du fabricant du matériel en Italie, puis nous avons la commission au niveau de la France et au niveau de la commune ». Une manière de rassurer le public face aux prestations impressionnantes du spectacle. Et bien que ce soit un petit cirque, « tout ce qu’on a est classé selon le code européen », assure-t-il. Spectacle « Africa » du grand cirque de Samoa, du 21 janvier au 15 mars, à Outumaoro. Snack et boisson sur place. Billets en vente à partir de 1 500 F sur ticketpacific.pf, dans les magasins Carrefour Arue, Faa’a, Punaauia, Taravao et à Radio 1/Tiare FM à Fare Ute.
Le chapiteau rouge et jaune du Grand Cirque de Samoa a fait son apparition sur le plateau de Outumaoro. Depuis l’arrivée des conteneurs, mardi une quinzaine d’artistes – parmi ceux qui seront sur scène à partir du 21 janvier – s’activent en vue de la grande première du nouveau spectacle Africa. Et il y a du travail : 320 piquets plantés pour maintenir la toile, des estrades et un parquet de bois à assembler, des équipements au sol et aériens, notamment pour l’impressionnant Globe de la mort et les nouveaux hologrammes… Autant de structures qui sont installées « à l’ancienne » et pour l’essentiel « à la main », comme le précise Tupa’i Bruno Loyale, qui a plus de confiance dans le savoir-faire humain que dans les machines.