ACTUS LOCALESSOCIAL

À l’Apair-Apurad, la grève de six semaines enfin levée


Les représentants du personnel non-soignant de l’établissement associatif ont signé ce mercredi soir un protocole de fin de conflit avec leur direction. L’accord met fin à un mois et demi de mouvement au sein de l’Apair-Apurad, dont les activités de prises en charge des victimes de maladies rénales et respiratoires ont été largement perturbées depuis la mi-mars. Les grévistes, menés par CSTP-FO, mais rejoints en cours de mouvement par d’autres syndicats dont la CSIP, ont obtenu des engagements sur le management et les risques psychosociaux au sein de la structure. Ils ont aussi « coupé la poire en deux » sur leurs demandes de revalorisation salariale : 3% au lieu des 6% demandés, et ce dès ce 1er mai.

Mieux vaut tard que jamais à l’Apair-Apurad. La direction de cette association, acteur majeur de la santé au fenua où elle s’est spécialisée sur l’assistance aux malades rénaux et respiratoires, a signé mercredi soir un protocole d’accord avec les représentants du personnel non-soignant, comme l’a noté Tahiti Infos. Une catégorie de salariés qui avait arrêté le travail le 18 mars dernier et qui menait depuis un mouvement d’une rare intensité. Si le syndicat CSTP-FO, rejoint dans ce conflit par la CSIP, Otahi et O oe to oe rima, a accepté de signer, ce n’est pas parce qu’il a obtenu gain de cause sur l’ensemble des dix points de son cahier de revendications, mais parce que « l’essentiel est là ». « Nous avons pu nous mettre d’accord sur des points qui nous tenaient à cœur, notamment par rapport au risques psychosociaux, toutes les situations de harcèlement et le climat social, qui concernaient quand même neuf points sur dix de notre cahier de revendication, détaille Aveirii Lachaux, déléguée syndicale FO. Nous les avons sécurisés et tout ça sera suivi dans des réunions tous les 15 jours, avec des partenaires qui sont aujourd’hui très alertes et vigilants sur ces sujets là ».

Le dixième point, c’était bien sûr la question de la revalorisation des salaires. La direction avait longtemps balayé cette demande, fixée à 6% par la CSTP-FO, estimant qu’il convenait d’abord de faire authentifier les comptes 2024, et de « retrouver de la visibilité » sur une situation financière déficitaire de plus de 150 millions de francs ces dernières années. « Le contexte est très difficile. Nous sommes grévistes mais nous sommes très conscients de cette situation, explique aujourd’hui Aveirii Lachaux, qui avait reproché tout au long du conflit la direction d’avoir revaloriser d’autres catégories de personnel et utilisé des fonds pour d’autres opérations. Nous avons fait le choix d’être raisonnable, et de couper la poire en deux ». Soit 3% d’augmentation sur les salaires de moins de 300 000 francs dès ce 1er mai. D’autres négociations salariales, concernant tout le personnel cette fois, doivent être tenues avant la fin de l’année.

Du côté des « dysfonctionnements » administratifs et financiers dénoncés tout au long du conflit – notamment des investissements jugés douteux par les syndicats et des modes de compensation des dirigeants de l’association qui interrogent – c’est la CPS qui devraient trancher, au terme de deux enquêtes spécialisés. Cyril Le Gayic de la CSIP, cité par Tahiti Infos, précise que les salariés grévistes ont aussi obtenu d’être payés pour leur mois d’avril, et que la reprise du travail se fera ce lundi.

Viri Taimana (à g.) et le ministre de la Clulture Ronny Teriiipaia en juin 2024. ©Presidence
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