ACTUS LOCALESCOMMUNES À Ua Huka, la commune fait de la rétention d’information face à la CTC Caroline Perdrix 2025-03-25 25 Mar 2025 Caroline Perdrix Le maire de Ua Huka Nestor Ohu et le haut-commissaire Eric Spitz, le 15 mars dernier. ©Commune de Ua Huka/FB La CTC publie son rapport d’observations sur la commune de Ua Huka, et ne cache pas son agacement devant « la quasi-absence de production des pièces » nécessaires au contrôle. La commune a voulu se retrancher derrière un problème informatique, démenti par le prestataire et le SPCPF, avant de s’engager à mieux faire. Comme elle le fait périodiquement pour toutes les communes de Polynésie, la chambre territoriale des comptes a tenté de contrôler la gestion de Ua Huka sur les exercices 2019 et suivants. Mais elle s’est retrouvée face à « une situation inédite » : l’instruction « a été contrariée par la quasi-absence de production des pièces de la part de la commune », malgré l’octroi d’un délai supplémentaire, avec un taux de réponse final de seulement 7%. Le secrétaire général, seul à gérer les fichiers de la commune de 719 habitants dirigée depuis 2014 par Nesto Ohu, a prétexté que les fichiers se sont « perdus » lors de l’installation du dispositif de stockage informatique. La vérification de cette affirmation par les enquêteurs de la CTC n’a pas tardé à mettre cette version à mal. « Le prestataire privé identifié et le syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française (SPCPF) estiment que le système d’information, qui a été déployé depuis 2019, comprend des dispositifs de sauvegarde des fichiers qui sont opérationnels. Ils ont précisé d’ailleurs qu’aucun rapport d’incident technique, qui pour l’essentiel sont automatiques, ne leur a été communiqué. Le prestataire, qui peut consulter à distance le serveur, a ajouté que l’appareil héberge effectivement un ensemble de fichiers rédigés par les services. » C’est donc « une organisation interne déficiente » au-delà de la simple gestion documentaire, qui pose problème, dit la CTC qui considère que cette carence n’est « pas acceptable », et qui n’exclut pas « une volonté de ne pas communiquer à la chambre les pièces dans un but de dissimulation d’erreurs ou d’irrégularités.» Le peu d’informations réunies par d’autres moyens (services de l’État et du Pays, SPCPF) fait dire à la chambre que la fiabilité des comptes est à revoir, ainsi que la tenue des registres des actes administratifs et le pilotage de l’eau potable. Malgré cette opacité, la chambre territoriale fait quatre recommandations : démarrer immédiatement la production et l’archivage systématique des pièces administratives de la commune, mettre en place dès cette année un inventaire communal, adopter un schéma directeur de l’eau potable et engager les investissements dans ce domaine. Dans sa réponse envoyée en décembre dernier, Nestor Ohu s’engage à les mettre en œuvre et à fournir les documents correspondants au fur et à mesure.