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Allemagne: Merkel brigue un nouveau mandat de chancelière

Berlin (AFP) – Angela Merkel a annoncé dimanche à son parti son intention de briguer un quatrième mandat de chancelière, au moment où ses partisans font d’elle le dernier rempart face aux poussées populistes illustrées par le Brexit ou la victoire de Donald Trump.

Elle a officialisé sa décision lors d’une réunion à Berlin des dirigeants de son mouvement conservateur, la CDU, leur disant avoir beaucoup hésité et prévenant que les élections législatives de septembre ou octobre 2017 ne seraient pas faciles, ont indiqué à l’AFP des sources proches du parti. 

Angela Merkel doit s’exprimer en public sur le sujet à 19H00 (18H00 GMT). Sa stratégie à l’égard des électeurs se dessine toutefois déjà clairement.

« Angela Merkel est la réponse au populisme de l’époque, elle est quasiment l’anti-Trump », a estimé un des cadres de la CDU, Stanislaw Tillich. Une des proches de la chancelière dans le parti, Julia Klöckner, l’a dépeinte en « garante de la stabilité dans une période turbulente ».

En poste depuis onze ans, elle détient déjà le record de longévité au pouvoir dans les pays occidentaux et a été couronnée à plusieurs reprises ces dernières années « personnalité de l’année » ou « femme la plus puissante » de la planète. 

– Record de Kohl en vue –

Agée de 62 ans, cette fille de pasteur de RDA (ancienne Allemagne de l’Est) a au vu des sondages toutes les chances de sortir des législatives avec un quatrième mandat pour la chancellerie.

Elle serait alors en mesure de rentrer dans l’histoire en battant le record de longévité au pouvoir en Allemagne du chancelier d’après-guerre Konrad Adenauer (14 ans) et en égalant celui de son propre père en politique, Helmut Kohl (16 ans).

Selon un sondage publié dimanche, 55% des Allemands souhaitent qu’Angela Merkel reste en poste, contre 39% d’avis contraires. En août la proportion favorable n’était que de 50%.

Angela Merkel se trouve néanmoins dans une situation paradoxale: fêtée à l’étranger, où les attentes à son égard ont décuplé depuis le succès de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, elle attaque l’année électorale affaiblie sur le plan intérieur suite à l’arrivée controversée d’un million de réfugiés dans le pays.

Le président Barack Obama l’a adoubée cette semaine à Berlin, lançant aux côtés d’une chancelière rosissant de plaisir: « Si j’étais allemand, je pourrais lui apporter mon soutien ». Elle avait quelques jours avant clairement rappelé à Donald Trump l’importance des valeurs démocratiques.

Parallèlement, « dans son pays, son pouvoir s’effrite », nuance l’hebdomadaire Die Zeit. Certes sa popularité remonte après avoir chuté avec la crise migratoire, mais sa famille politique n’est créditée que de 32% ou 33% des intentions de vote, près de dix points de moins que lors de l’élection précédente de 2013.

– Affaiblie en Allemagne –

« L’effet d’aspiration créé par la victoire de Trump atteint Merkel à un moment où ses possibilités de leadership sont limitées: elle ne peut compter sur l’Europe pour aller de l’avant, n’a pas de parti uni derrière elle et n’a pas le soutien franc de la population dont elle jouissait encore il y a un an et demi », juge Die Zeit.

« Merkel n’est plus imbattable », a estimé dimanche l’un des dirigeants du parti social-démocrate, Thomas Oppermann.

L’intéressée a confié dimanche à son parti avoir réfléchi « pendant des heures » avant de briguer un nouveau mandat, selon des médias allemands. Une hésitation qui s’explique notamment par la fronde qu’a menée son allié politique bavarois contre l’accueil des réfugiés: la CSU a longtemps menacé de ne pas la soutenir en 2017, avant finalement de rentrer dans le rang.

Signe des temps, la chancelière a aussi subi un revers récent en devant laisser le poste de président allemand en 2017 aux sociaux-démocrates.

Surtout, son règne est celui qui a vu se développer en Allemagne un parti populiste, concurrençant son parti sur sa droite.  

Angela Merkel garde toutefois des atouts maître: elle n’a pas de concurrent sérieux dans son camp et reste infiniment plus populaire que ses rivaux sociaux-démocrates.

Angela Merkel, le 20 novembre 2016 à Berlin . © AFP

© AFP TOBIAS SCHWARZ
Angela Merkel, le 20 novembre 2016 à Berlin

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