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Commémoration du 110e anniversaire de l’Anzac

Comme chaque 25 avril, ce vendredi marque l’Anzac Day, une journée en mémoire de la sanglante bataille de Gallipoli en 1915 et qui est devenue un temps fort du souvenir dans tout le Pacifique. Au fenua les autorités ont organisé une cérémonie ce matin à l’Uranie.  « Un moment de recueillement pour saluer le courage et l’engagement » mais aussi pour rappeler que, dans l’ombre des troupes impériales, des Polynésiens  – souvent oubliés, parfois méconnus- se sont eux aussi engagés.

Le 25 avril marque chaque année l’Anzac Day, jour de mémoire en Australie et en Nouvelle-Zélande en hommage aux soldats des corps expéditionnaires engagés dans les grandes guerres du XXe siècle. À Tahiti, la cérémonie organisée ce matin à l’Uranie a rappelé qu’au-delà des symboles, cette histoire est aussi celle de quelques Polynésiens, engagés bien loin de leur fenua dans un conflit mondial. Un pan peu connu de l’histoire polynésienne que l’historien local Teva Shigetomi s’attache à documenter. Plusieurs Tahitiens ou résidents des îles ont rejoint, entre 1916 et 1918, les contingents de la New Zealand Army. Recrutés via les îles Cook ou directement en Nouvelle-Zélande, ces hommes ont été intégrés dans des unités logistiques ou, pour une minorité, envoyés sur le front européen. George Victor Bennett, né à Tahiti, est l’un d’eux. Il s’engage en 1916 depuis la Nouvelle-Zélande et rejoint le 2e bataillon du Wellington Infantry Regiment. Gazé lors de la bataille de Passchendaele en octobre 1917, il est évacué vers l’Angleterre avant d’être rapatrié l’année suivante. Il n’est pas le seul. D’autres, comme Metua Mou ou Tautahana Teatuapuru, ont servi en Égypte, dans des unités d’intendance chargées du transport, du stockage et de la logistique militaire en zone désertique.

Des soldats souvent fragiles et exposés

Ces hommes venus du Pacifique, peu préparés aux exigences physiques du service militaire néo-zélandais,  ont été nombreux à tomber malades. Tuberculose, rougeole, septicémie, fièvres… les hospitalisations se sont multipliées, parfois pendant des mois. Certains ne reverront jamais leur foyer. D’autres, comme Paiaa Tu, ont enchaînés les séjours à l’hôpital avant d’être réformés. L’armée néo-zélandaise elle-même finit par freiner ces recrutements, consciente de l’inadéquation entre les standards physiques exigés et la condition de nombreux insulaires. Mais malgré les obstacles, plusieurs Polynésiens poursuivent leur service jusqu’au bout, dans des conditions parfois rudes. « Leur histoire n’a pas laissé de trace dans la mémoire collective locale, ou si peu”, souligne Teva Shigetomi dans une note historique que vous pouvez retrouver ici.

 

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