ACTUS LOCALESPOLITIQUE Tony Géros : « La Polynésie a besoin d’élus capables de respecter leurs engagements » Lucie Rabreaud 2026-04-09 09 Avr 2026 Lucie Rabreaud Le président de l’Assemblée n’a pas attaqué frontalement Moetai Brotherson dans son discours d’ouverture de la séance administrative, ni même exigé sa démission. Il a en revanche regretté la « confusion » créée par la scission des 15 élus de A Fano Tià, dont le comportement politique « n’est pas à la hauteur des enjeux », notamment en ces temps de crise mondiale. Le vice-président du Tavini leur a aussi rappelé, en brandissant un des actes de candidature de 2023, leur engagement à rendre leur siège en cas de désaccord ou de démission du parti. Pour le reste, Tony Géros a rappelé que le débat premier devait rester l’application du droit à la souveraineté, et a appelé le gouvernement à donner un « écho concret » aux travaux des colloques de l’assemblée sur la vie chère, le foncier et la transition énergétique. Le président de l’Assemblée a ouvert la session administrative à Tarahoi avec un discours où il a rappelé la mission et le travail de l’institution. Trois colloques ont été organisés, sur la vie chère, le foncier et la transition énergétique, pour « éclairer le débat public », le « nourrir » et « préparer l’avenir du pays ». Des colloques qui n’ont pas pour vocation à « produire des constats sans lendemain » mais « à faire émerger des solutions utiles et durables ». Antony Géros commence donc par appeler le gouvernement à prendre en compte ces travaux afin qu’ils trouvent « un écho plus concret dans les décisions », pour que « le débat démocratique ne reste pas lettre morte ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/APF-GEROS-gouvernement-travail-plus-avec-assemblee.wav Après cette mise au point sur les missions de l’Assemblée, Antony Géros a évoqué les tensions au sein du Tavini. Cela fait partie de la vie démocratique, commence-t-il par dire, citant en exemples plusieurs événements sérieux dans l’histoire de Tarahoi : son blocage en 1993, l’instabilité entre 2004 et 2011, le débat sur l’obligation vaccinale au moment du Covid-19. Des tensions « légitimes » lorsqu’elles « s’expriment dans le respect des règles, des engagements et des institutions », mais qui deviennent « préoccupantes » lorsqu’elles « franchissent le cadre du débat politique, pour s’inviter dans notre institution au risque d’altérer le fonctionnement et d’embrouiller le message en cours de mandature auprès de nos concitoyens ». « Ce qui se joue ici dépasse les seules sensibilités partisanes, car lorsqu’un sujet qui aurait dû rester circonscrit au périmètre d’un parti politique vient s’inviter dans l’enceinte même de notre Assemblée, lorsque l’on assiste presque à la création directe d’un nouveau parti dans l’enceinte même de l’Assemblée, cela ne produit pas de clarification, bien au contraire. Cela produit de la confusion. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/APF-GEROS-parti-assemble-confusion.wav Le président de l’Assemblée et vice-président du Tavini brandit alors le manifeste signé par tous les membres de la liste du parti aux territoriales de 2023, rappelant « la portée politique et morale de l’engagement qui nous unit et tout particulièrement le combat souverainiste porté depuis l’origine par le parti ». Si certains « choisissent de s’en éloigner », « c’est leur choix », mais Antony Géros dit « regretter qu’il ait fallu trois années pour décider de s’affranchir de cet engagement » : « que de temps perdu ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/APF-GEROS-temps-perdu.wav Pour Antony Géros, « l’écrit ne laisse place à aucune ambigüité ». Et ces élus qui ont choisi de s’écarter du groupe Tavini de l’Assemblée, tout en gardant leur siège, sans donc « assumer pleinement les conséquences de leurs choix », créent « un dysfonctionnement » et « une atteinte à l’éthique et à la crédibilité de l’action collective ». Il a conclu sur le besoin « d’une assemblée forte, respectée, constructive et tournée vers l’intérêt général » alors que le monde fait face à une grande instabilité géopolitique avec des conséquences économiques qui toucheront la Polynésie. Le Pays « a besoin d’élus capables de dépasser les postures, de respecter leurs engagements et de faire prévaloir la hauteur de vue sur les calculs de circonstances. C’est dans cet esprit que j’appelle chacun d’entre nous à faire preuve de responsabilité, de cohésion et de fidélité à la mission qui nous est confiée par le suffrage universel. »