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Après l’Asie ou l’Australie, la Nouvelle-Calédonie lance des « vols pour nulle part »

Des vols « pour nulle part », pour le plaisir de prendre l’avion et de survoler de beaux paysages. Le concept a connu un certain succès avec la crise du transport aérien dans le monde, mais aussi engendré beaucoup de débats. Alors que les frontières du Caillou sont toujours fermées, Aircalin a décidé de tenter l’expérience. Les explications de notre partenaire les Nouvelles Calédoniennes.

La compagnie s’apprête à lancer la commercialisation d’un vol touristique Tontouta-Tontouta, qui emmènera fin janvier ses passagers au-dessus du lagon, puis du Vanuatu, avant de les ramener sur le Caillou deux heures plus tard. Entre-temps, les voyageurs éphémères auront eu le temps d’admirer le cœur de Voh, le volcan de Tanna (le Yasur) et l’île des Pins.

Ce vol sera réalisé par l’A320neo, un moyen-courrier reçu au mois de décembre et baptisé Tibarama. « Cet événement permettra de faire découvrir aux Calédoniens notre nouvel avion », explique Didier Tappero, directeur général d’Aircalin. « Et ce sera bon pour le moral des troupes », estime celui qui envisage d’ores et déjà de renouveler l’opération si la première est un succès commercial.

30 000 Francs le billet

Ce Tontouta-Tontouta procurera aux salariés un supplément d’activité bienvenu, et bien évidemment, un revenu à la compagnie. Mais l’opération ne « changera pas fondamentalement » la donne financière, souligne Didier Tappero, puisque le vol sera proposé « à prix quasiment coûtant ».

« Les billets seront vendus aux alentours de 30 000 francs l’unité », précise Gilbert Tyuienon, membre du gouvernement chargé des transports, qui discute actuellement avec les douanes d’une vente de produits détaxés à bord. Les 168 sièges de l’appareil ne seront pas tous proposés à la vente : pour contempler les paysages, mieux vaut être placé près du hublot.

Succès en Australie, critiques à Singapour

Dans la région, Qantas avait effectué une similaire et fracassante annonce au mois de septembre, en présentant son opération baptisée « Flight to Nowhere ». Le PDG, Alan Joyce, s’était félicité d’une vente express, « probablement la plus rapide de l’histoire de la compagnie » : 134 billets vendus « en moins de 10 minutes », pour un vol de sept heures autour de Sydney, pour une modique somme comprise entre 55 700 et 270 000 Francs, selon la classe.

En Asie, plusieurs compagnies ont réalisé des vols similaires : All Nippon Airways (ANA), Tigerair Taïwan, EVA Air… Singapore Airlines, pour sa part, a fait demi-tour au dernier moment, face à la volée de critiques lancée par des associations écologistes, écœurées par ces combustions de carburant jugées inutiles.

Même si les moteurs de Tibarama promettent une consommation inférieure de 17 % à celle des A320 d’ancienne génération, l’utilité de cette dépense énergétique pourrait également être discutée en Calédonie…

Gilles Caprais, Les Nouvelles Calédoniennes

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1 Commentaire

  1. nul part
    13 janvier 2021 à 13h11 — Répondre

    Une tres belle metaphore de notre epoque et de nos societes…

    continuons!

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Après l’Asie ou l’Australie, la Nouvelle-Calédonie lance des « vols pour nulle part »