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Assemblée : décolonisation, santé et carottes

Séance de questions orales à l’assemblée ce jeudi matin. Le Tapura a questionné le ministre de l’Éducation sur le « programme d’éducation politique » évoqué dans le cadre de la décolonisation, Ronny Teriipaia a ironisé sur la « stratégie de dramatisation » des autonomistes. Côté santé, l’inscription de l’endométriose dans les affections de longue durée est imminente, mais pas la participation du Pays à une étude internationale sur les effets transgénérationnelles des essais nucléaires dans le Pacifique. Enfin les agriculteurs devraient bientôt pouvoir être indemnisés en cas de catastrophe naturelle.

Tepuaraurii Teriitahi a questionné le ministre de l’Éducation Ronny Teriipaia sur le « programme d’éducation politique et citoyenne aux options de décolonisation », présenté par le Tavini en conférence de presse avant le départ pour New York, et dont la très mystérieuse commission spéciale sur la décolonisation a recommandé la mise en place. Un projet qui « fait froid dans le dos » au Tapura : s’agit-il d’enseigner ce programme aux écoliers, collégiens et lycéens au titre de l’instruction civique, a demandé la représentante, faisant un parallèle avec les régimes totalitaires qui ont utilisé l’école à des fins d’endoctrinement.

« Il ne faut pas confondre, lui a répliqué Ronny Teriipaia, programme ministériel et programme d’éducation citoyenne sur les options de décolonisation à destination de la population. » Ce dernier fait référence à l’un des prérequis à l’accession à l’indépendance selon l’ONU. Le ministre a donc accusé la représentante autonomiste d’user d’une « stratégie de dramatisation pour influencer l’opinion publique », et rappelé que les programmes d’éducation civique sont adaptés périodiquement, de manière concertée avec l’État, et que les élèves polynésiens sont déjà sensibilisés « dès le CE1 » au contexte historique de la Polynésie française. Il lui a aussi conseillé quelques lectures sur le sujet.

Édouard Fritch est venu au secours de sa collègue en s’adressant au ministre, pour lui remettre en mémoire certaines des interventions des pétitionnaires Tavini à l’ONU : « On dit que nos enfants ne peuvent pas parler polynésien dans nos écoles ! Il faut venir entendre ce qui se dit à New York ! À New York on dit qu’il y a du génocide chez nous, qu’on tue des gens chez nous. (…) Lorsqu’on voit comment vous introduisez la colonisation et la décolonisation dans tous les débats, ça devient inquiétant. »

Effets transgénérationnels des essais nucléaires

Hinamoeura Morgant, elle, voulait savoir si le Pays allait s’engager à soutenir les travaux du Dr Kealu Fox, ce généticien hawaiien de l’Université de Californie à San Diego qui avait présenté un projet de recherche sur les mutations du génome des populations océaniennes en avril dernier au Cesec. Le ministre de la Santé Cédric Mercadal a apporté des précisions : l’estimation du coût du projet est de 2 milliards de francs, et la partie « génétique » n’est de toute façon pas prévue avant 2029 ou 2030. Le Pays est en attente de précisions avant de s’engager financièrement : « C’est un projet d’envergure mais nous demeurons en attente de compléments d’information sur un plan scientifique, méthodologique et éthique. Les données de financement et de sécurisation des données génétiques nécessitent encore des clarifications importantes », a déclaré le ministre, tout en assurant qu’il soutient « l’intention » du projet.

Toujours au chapitre santé, en réponse à la question de Nicole Sanquer sur la promesse du président du Pays d’inclure l’endométriose dans la liste des maladies de longue durée, Cédric Mercadal a indiqué que les travaux de l’Arass ont été achevés au début de ce mois, et qu’il est sur le point de saisir pour avis le conseil d’administration de la CPS, requis avant que le conseil des ministres puisse prendre l’arrêté nécessaire.

Les carottes gâchées de Tubuai

La représentante Maite Hauata Ah-Min a mis en avant le cas d’un producteur de carottes à Tubuai qui a vu quasiment l’intégralité de sa production rejetée du tri parce ses carottes présentaient des imperfections. Elle demandait ce que le gouvernement prévoyait pour lutter contre ce gaspillage. C’est Warren Dexter qui lui a répondu, expliquant que 6 des 29 producteurs de carottes ont souffert des alternances de fortes pluies et de soleil. Cette année, 16 des 48 tonnes écartées du tri ont pu être découpées et conditionnées en sachets. Le Pays espère mieux, et le ministre annonce une loi pour indemniser les agriculteurs, mais aussi les aquaculteurs et les perliculteurs en cas de catastrophe naturelle. Il devrait être présenté à l’assemblée avant la fin de la session budgétaire.

Une nouvelle aide, donc, qui viendra en complément de presque 30 millions par an en aides directes, et du financement par le Pays des chambres froides, ateliers de transformation et matériel mis à disposition des agriculteurs de Tubuai.

 

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