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Ateliers Tata’i : les réparateurs bénévoles séduisent Mahina

L’association Ti’ai Fenua – Gardiens de la terre animait samedi à Mahina l’un de ses ateliers « Tata’i » de réparation des objets usuels : machine à pain, aspirateur, machine à coudre ou tronçonneuse en panne étaient au programme des réparateurs, animés à la fois par leur conscience écologiste et leur plaisir évident à résoudre ces problèmes qui empoisonnent la vie. Une expérience qui pourrait inspirer la mairie pour créer un atelier de recyclage, dit le premier adjoint au maire.

Chaque 3e samedi du mois, un atelier Tata’i se tient dans l’une des communes de Tahiti. Samedi, c’était au tour de Mahina d’accueillir l’association Ti’ai Fenua et ses réparateurs bénévoles, dans la maison de quartier de Orofara. Avec toujours le même succès, peut-être encore renforcé par la conjoncture : entre obsolescence programmée, difficultés d’approvisionnement et hausse des prix,  les particuliers sont motivés pour ne pas envoyer leurs appareils à la décharge. Comme Danièle, adhérente de l’association, dont machine à pain et la bouilloire vont reprendre du service.

Son sauveur ce week-end était Alain, ingénieur des constructions navales à la retraite : il est passé de la maintenance de sous-marins et l’enseignement technologique à la réparation d’appareils électroménagers. « Plus on démonte des trucs, plus on comprend et on apprend », dit-il. Il est connu dans l’association comme le spécialiste des micro-ondes. Il y avait aussi Matahiarii, spécialiste de la mécanique, aux prises avec une tronçonneuse qu’il a rendue en état de marche à son propriétaire, ou Stéphane, spécialiste des télévisions.

Danièle, adhérente de l’association, a trouvé avec Alain la solution aux pannes de sa machine à pain et de sa bouilloire.

La présidente de l’association Tia’i Fenua, Moea Pereyre, vit à Rangiroa où elle organise aussi un atelier Tata’i tous les deux mois. Mais pas seulement : elle a décidé de monter une ressourcerie à côté de la déchetterie projetée par la mairie de l’atoll.

« On a identifié des bricoleurs amateurs, qui n’ont pas forcément de compétences formelles mais qui savent réparer, ils adorent ça, donc l’idée c’est d’organiser des sessions de formation pour les faire monter en compétence, de façon à ce qu’ils puissent réparer davantage et mieux, et dans le respect de l’environnement », poursuit Moea Pereyre.

Frédéric « Gougou » Fritch,  premier adjoint au maire de Mahina en charge de la collecte et du traitement des déchets, attendait depuis un an la visite de l’association dans sa commune. Son intérêt n’était pas que municipal : il en a profité pour tenter de réparer son souffleur. Il se dit très intéressé par le concept de la ressourcerie, et l’idée de constituer un atelier de réparation pour le gros électroménager, comme les machines à laver ou les réfrigérateurs qui pourraient aussi être revendus, « au lieu de jeter dans la rivière »  : « il faut le faire, et puis ça peut faire du travail pour les jeunes. »

Le prochain atelier Tata’i se tiendra à Rangiroa le 10 septembre, le suivant le 17 septembre à la mairie de Punaauia.
L’association Ti’ai Fenua a été créée en juillet 2017 pour soutenir financièrement et moralement les opérations de terrain du collectif Nana sac plastique, dont l’objectif principal reste la réduction des déchets à la source. Dans la continuité de ces actions, Tātā’i, les ateliers collaboratifs de réparation ont vu le jour en décembre 2020 pour réduire les déchets issus de notre consommation quotidienne. Depuis le 5 juillet dernier, l’association est reconnue d’intérêt général par le Pays.

Pour rejoindre l’association, c’est ici. L’adhésion en tant que membre actif (3 000 Fcfp) permet de bénéficier de la gratuité des réparations lors des ateliers Tata’i.

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Photographie : "Vahine Tatau" de Lucien Pesquié

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Journal de 7h30, le 22/08/22

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