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Autisme : une classe spécialisée à l’école primaire Tiapa de Paea

Dix enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA) viennent de faire leur rentrée dans la première unité d’enseignement élémentaire autisme (UEEA) de Polynésie, à l’école élémentaire de Tiapa, à Paea. Porté par l’Institut d’insertion médico-éducative (IIME), ce projet pilote vise à leur offrir un accompagnement personnalisé, tout en favorisant leur inclusion scolaire. L’objectif, à terme, est de réduire leurs troubles et, peut-être, de les réinsérer dans un cursus classique. L’IIME prend en charge 205 enfants atteints de handicaps mentaux et relève une hausse des cas de TSA. Deux séminaires gratuits sur le sujet sont organisés le 1ᵉʳ et 8 octobre au CHPF.

« Ce qui est certain, c’est qu’on voit de plus en plus de diagnostics d’autisme qui sont posés », explique Marie Perrard, la directrice de l’Institut d’insertion médico-éducative. C’est pour répondre à cette demande d’accompagnement croissant que l’école élémentaire de Tiapa a inauguré la première UEEA de Polynésie française.

« Apaiser les troubles de l’autisme »

Ce projet pilote UEEA porté par l’IIME – une structure publique sous la tutelle du ministère des Solidarités de Minarii Galenon – démarre avec 10 enfants de 8 à 10 ans, et vise à « apaiser les troubles de l’autisme » via un accompagnement « 100% individualisé et personnalisé », tout en favorisant l’inclusion scolaire dans l’établissement, indique la directrice.

« Des fois, on se rend compte que certains enfants ont la capacité, une fois leurs besoins pris en charge, de suivre des apprentissages comme les autres. Il faut mettre en place des aménagements, mais on peut très bien imaginer que des enfants aient des compétences scolaires et des capacités qui vont se développer petit à petit. On peut aussi envisager que certains puissent aller en Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire) par la suite. De plus, lorsqu’il y a une prise en charge globale et précoce, on peut envisager que certains enfants puissent réintégrer le milieu ordinaire », explique Carine Bogas, enseignante spécialisée.

Ces enfants seront suivis dans ce dispositif sur une durée de cinq ans, jusqu’à ce qu’ils soient en âge de quitter l’école primaire. À ce moment, si les troubles ne s’apaisent pas, « ce sera IIME plein temps », précise Marie Perrard.

« Près d’un éducateur par enfant »

Les enfants atteints d’autisme sont « beaucoup plus sensibles que nous, que ce soit au toucher, aux bruits, à la lumière ou aux textures », explique l’enseignante. Une prise en charge adaptée nécessite donc des conditions particulières.

À Tiapa, deux salles de classe sont réservées aux enfants TSA, une salle sensorielle, équipée d’objets aux textures variées, d’un espace calme avec une « cabane blanche » pour se reposer en cas de surcharge émotionnelle, et une salle pédagogique, dédiée aux cours. Chacune des deux pièces est climatisée pour limiter l’inconfort dû à la chaleur.

Le dispositif repose aussi sur un encadrement renforcé. « Il y a presque un éducateur par enfant », assure la directrice de l’IIME. En dehors des heures scolaires, les enfants sont suivis à l’IIME pour leurs soins et accompagnements spécifiques. Des bus sont mis à disposition pour récupérer les enfants à domicile, les emmener à l’école ou, en cas de crise, les raccompagner à l’IIME à tout moment de la journée. Le coût total de ces infrastructures s’élève à 4 millions de francs, pris en charge par l’IIME.

Marie Perrard, directrice de l’IIME

205 enfants avec des handicaps mentaux

L’IIME accompagne aujourd’hui 205 enfants, répartis dans ses trois sites à Pirae, Paea et Taravao.  Au total, 25 enfants diagnostiqués TSA sont pris en charge. Outre les 10 élèves de l’école Tiapa, une section de 7 places a été créée cette année à l’IIME de Paea, et une autre de 8 places à l’IIME de Pirae, pour des enfants aux « troubles particulièrement sévères, donc non scolarisables.»

L’insertion professionnelle… encore un défi

Pour ce qui est de l’entrée sur le marché du travail pour ces personnes atteintes de déficiences intellectuelles ou de troubles du spectre de l’autisme, « on a l’IIME Pro sur Taravao, qui œuvre pour l’inclusion et l’insertion professionnelle des jeunes adultes handicapés », dit la directrice. Mais malgré cette structure, l’insertion reste « très complexe ». Les stages sont bien accueillis mais dès qu’il s’agit de contractualiser, « ce sont des handicaps qui sont complexes en termes de mise en place pour un employeur. Parce que les aménagements pour un autiste, les aménagements sensoriels, etc., sont certainement des choses qui font un petit peu peur », conclut la directrice.

Deux séminaires pour mieux comprendre

L’association Entre deux mondes et la Direction générale de l’Éducation et des enseignements (DGEE) organisent deux jours de séminaire gratuit, les mercredis 1ᵉʳ et 8 octobre, dans l’amphithéâtre du CHPF, sur l’articulation entre école, familles et professionnels de la santé et du social.

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