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Conforté par le Trocadéro, Fillon refuse de céder, Juppé prend la parole lundi

Paris (AFP) – S’estimant conforté par le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de ses partisans au Trocadéro, François Fillon a exclu, en dépit des pressions de son camp, de se retirer au profit d’Alain Juppé qui a réagi aussitôt en annonçant une déclaration à la presse lundi.

« Personne ne peut aujourd’hui m’empêcher d’être candidat », a affirmé sur France 2 François Fillon, quelques heures après ce rassemblement parisien. A la question « Allez-vous retirer oui ou non votre candidature ? », le candidat de la droite réplique: « ma réponse est non ».

Le journaliste insiste : « Jamais ? » François Fillon répond: « La réponse est non. Et surtout je ne vois pas de raison de le faire ».

« Je ne suis pas jusqu’au boutiste, pas enfermé dans une certitude mais il y a une chose que je constate c’est qu’il n’y a pas d’alternative », a encore affirmé le candidat, convoqué le 15 mars pour une mise en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants.

Interrogé sur les pressions pour une candidature d’Alain Juppé, il  a jugé que « cette candidature ne correspond pas à mon programme politique, au choix des electeurs de la droite et du centre ». 

« Si les électeurs de la droite et du centre avaient voulu Alain Juppé, ils auraient voté pour Alain Juppé »

A peine François Fillon avait-il fini de parler qu’Alain Juppé réagissait sur Twitter pour annoncer qu’il ferait lundi à 10H30 une déclaration à la presse.

Il fera cette annonce depuis Bordeaux, à quelques heures d’un comité politique des Républicains prévu à 18 heures, et après s’être entretenu samedi soir avec Nicolas Sarkozy.

– « Fillon, tiens-bon » –

Alain Juppé va-t-il annoncer sa candidature ? En tout cas, à la veille d’une nouvelle folle journée à droite, François Fillon a jugé dimanche soir que sa décision de maintenir sa candidature avait été confortée « par ce rassemblement populaire dont tout le monde pensait qu’il serait un échec ».

Le candidat a affirmé que « 200.000 personnes » s’étaient rassemblées au Trocadéro alors que, pour la police, cette place proche de la Tour Eiffel peut contenir de l’ordre de 40.000 personnes.

Il y a délivré un discours pugnace d’une demi-heure, mêlé de mea culpa et d’avertissements à la droite.

Alors que la foule scandait des « Fillon, tiens bon », M. Fillon a émaillé sa déclaration de références au général de Gaulle, à Hugo, Voltaire ou Camus et renvoyé son camp à ses responsabilités à sept semaines de la présidentielle. « Ils pensent que je suis seul », mais « vous ne baisserez jamais les bras », a lancé le candidat de la droite à ses partisans, héritiers de « la France des paysans, la France des cathédrales, des châteaux et des sans-culottes ».

Traits marqués, voix blanche, l’ancien Premier ministre a reconnu, entre deux averses, sa « faute » si sa campagne « rencontre de si formidables obstacles ». Il a assuré avoir fait son « examen de conscience », mais a appelé ceux de son « camp » à « faire le leur », épinglant « la responsabilité immense » de « ceux qui fuient le navire » à droite.

S’il a dénoncé une « chasse à l’homme » qui cherche aussi à « briser la droite », il a atténué le ton de ses critiques envers la justice.

« Je continuerai à dire à mes amis politiques que ce choix à la fois leur appartient et ne leur appartient pas », a ajouté M. Fillon, sibyllin, rejoint sur la fin à la tribune par son épouse Penelope agitant un drapeau tricolore.

Pour la première fois depuis le début de l’affaire, le 24 janvier, Mme Fillon était sortie de son silence quelques heures plus tôt dans le JDD, assurant avoir effectué des « tâches très variées » comme collaboratrice parlementaire. Et disant aussi avoir conseillé à son mari de « continuer jusqu’au bout ».

Inquiets de sondages donnant désormais leur ex-champion éliminé dès le premier tour de la présidentielle, derrière Marine Le Pen (FN) et Emmanuel Macron (En Marche!), quelque 250 élus lui ont retiré leur soutien. Christian Estrosi a annoncé dimanche qu’il voulait rencontrer lundi François Fillon avec Valérie Pécresse et Xavier Bertrand pour le convaincre d’une « sortie respectueuse », s’attirant une fin de non-recevoir de l’intéressé.

Les sondages pourraient également peser dans les jours qui viennent: dimanche soir un sondage Sofres donnait Alain Juppé, avec 24,5% des voix, qualifié au second tour en cas de candidature alors que François Fillon à 17% serait largement distancé par Emmanuel Macron. 

© AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT
François Fillon s’exprime sous la pluie lors d’un rassemblement au Trocadéro, à Paris, le 5 mars 2017

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