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Crise des hydrocarbures : l’État a de la visibilité sur les stocks « jusqu’à la fin juin »


Plus d’un mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient, et malgré une relative accalmie du conflit ces derniers jours, plusieurs pays du Pacifique craignent des pénuries de carburant. Le Haut-commissaire Alexandre Rochatte ne se dit « pas inquiet » mais tout de même « vigilant » sur les stocks de la Polynésie, qui d’après le suivi quotidien fait auprès des opérateurs pétroliers, sont assurés jusqu’à la fin du mois de juin. Le Haussariat échange d’ailleurs, et depuis bien avant cette crise mondiale, avec ces professionnels pour revoir les stocks stratégiques. L’État, dont les exigences en la matière ne sont pas respectées, pourrait demander des niveaux de réserve « plus réalistes » avec la situation du pays, et les opérateurs pourraient s’engager, avec le soutien de la collectivité, à se doter d’infrastructures supplémentaires. 

« Pas inquiet » mais « vigilant », le Haut-commissaire, concernant l’approvisionnement de la Polynésie en carburant. Si le Pays est compétent pour réguler le prix des hydrocarbures – et pour subventionner le FRPH pour éviter leur envolée – c’est bien l’État qui doit veiller sur les stocks et sur le ravitaillement du pays pour que l’activité économique – « et tous les services publics » – « puissent fonctionner correctement et que les gens puissent continuer à se déplacer et à vivre normalement ». Alors que les frappes armes se sont tues pour laisser place à des négociations au Moyen-Orient, une première depuis le début de l’opération lancée  contre l’Iran par les Etats-Unis et Israël le 28 février, la reprise du trafic dans le stratégique détroit d’Ormuz est loin d’être assurée. Mais sur le plateau de l’Invité de la rédaction de Radio 1 et Tiare FM ce vendredi, Alexandre Rochatte s’est voulu rassurant : « tous les jours maintenant, on a un point avec les trois opérateurs pétroliers de la place pour vérifier avec eux leur niveau de stock », rappelle-t-il, « et aujourd’hui on a une prévision jusqu’à fin juin d’aucune difficulté sur le niveau des stocks et donc notre capacité à consommer ».

Paradoxalement, cette visibilité est rendu possible par le fait que la Polynésie, soit « très éloignée de ses bases de ravitaillement » à Singapour et en Corée. « C’est une distance qu’il faut prendre en compte, mais qui en même temps,  nous donne une petite assurance », reprend le représentant de l’État. Quand le tanker est chargé en Asie, sauf gros imprévu qu’il « faut tout de même surveiller », la Polynésie sait qu’elle sera ravitaillée.

Stocks : des exigences « plus réalistes », mais des infrastructures supplémentaires

Mais le Haut-commissariat n’a pas attendu les bonds dans les cours des hydrocarbures – le baril de Brent, après avoir atteint 120$ en mars, est redescendu à 92$, mais la situation reste volatile – pour échanger avec les opérateurs pétroliers. Depuis « presqu’un an », un travail est mené pour « mieux définir le niveau des stocks » du pays. Car tous les ans, l’État fixe par arrêté le niveau de stock exigé pour chacun de ces opérateurs. Et tous les ans, ces obligations – pourtant théoriquement sanctionnées par de lourdes amendes – ne sont pas respectées, pas par manque de volonté des professionnels, mais par manque de capacité de stockage dans le pays.

Le haussariat et les professionnels discutent pour rendre « plus réalistes » des niveaux de stocks demandés  – qui représentent aujourd’hui 10 à 20% de la consommation annuelle de la Polynésie, suivant les carburants – et dans le même temps sur une augmentation de la capacité de stockage. « Ça veut dire des travaux d’infrastructure à la fois au port, mais aussi peut-être à l’aéroport, pour qu’on augmente notre capacité, pour qu’on ait un peu plus d’assurance de ne pas être en difficulté », explique Alexandre Rochatte. Des travaux qui devraient être menés « par les pétroliers, le Pays, et vraisemblablement avec notre appui », précise le Haut-commissaire, qui espère faire aboutir ces discussions au mois de septembre de cette année.

L’appui du Pays « va nous aider » à obtenir la reconduction du Fonds de transition énergétique

Le dernier appel d’offres de ce fonds national à 7,2 milliards de francs prévu pour durer sur la période 2023- 2026 a été lancé la semaine dernière. Mais plusieurs voix se sont déjà élevés, chez les élus du Pays, les tavana ou les professionnels de l’énergie pour faire perdurer ce dispositif qui a permis le financement par l’État de nombreux projets de production d’électricité ou d’économie d’énergie, notamment dans les îles, avec les centrales hybrides. Sur notre plateau début avril, le ministre de l’Énergie Warren Dexter avait expliqué que ce fonds était nécessaire pour permettre à la Polynésie d’atteindre ses objectifs d’intégration du renouvelable, même revus à la baisse. Et avait assuré que le Pays avait proposé à l’État de participer au fonds. Une proposition qui, si elle reste à formaliser, a bien été entendue par le Haut-commissaire qui explique que ces services « travaillent » déjà à la reconduction du fonds. « Ça nécessite évidemment un travail en lien avec Paris qui est aussi beaucoup poussé par les parlementaires polynésiens, précise Alexandre Rochatte. Mais l’appui potentiel du pays sur ce sujet va nous aider, évidemment ».

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Jt Vert 20/04/2026

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