ACTUS LOCALESÉDUCATION Des échanges sur l’ice dès le collège pour « éviter la première prise » Alexandra Perrini 2026-03-09 09 Mar 2026 Alexandra Perrini Constatant une recrudescence du nombre de jeunes confrontés à des problèmes d’addiction, les ministères de la Santé et de l’Éducation entendent déployer à grande échelle une campagne de prévention contre les drogues et l’ice en particulier déjà testée dans un collège de Hitiaa. Il s’agit d’échanger, en présence de personnel formé, sur la composition, l’impact sur le corps, sur la scolarité et sur l’environnement social de différents produits, dont la métamphétamine. Une enquête sur la consommation de drogue chez les adolescents doit aussi être menée en 2027. « L’inquiétude est là ». Alors que le sujet de l’ice est au cœur des débats, et que « de plus en plus de jeunes viennent au Centre de prévention et de soin des addictions (CPSA) », Samantha Bonet-Tirao, la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement, et Cédric Mercadal, le ministre de la Santé, veulent promouvoir des solutions de prévention basées sur « l‘échange, le débat, la communication avec nos élèves ». Il s’agit « d’intervenir davantage dans les classes, dès le collège afin sensibiliser les adolescents et éviter cette première prise » insistent les deux membres du gouvernement. « C’est un phénomène qui évolue de plus en plus. On a de plus en plus d’adolescents qui sont confrontés à cette problématique, explique encore Samantha Bonet-Tirao. Cela commence à toucher de plus en plus de territoires. Quand je parle de territoires, c’est certainement aussi des îles éloignées qui sont du coup, elles, plus isolées. Bien évidemment, cela affecte nos familles. Je n’oublie pas que je suis maman avant tout. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/03/MINISTRE-ICE-ECOLE.wav « Aborder les jeunes de manière bienveillante et éducative » Lors d’un séminaire organisé par la DGEE, une « formation poussée » sur l’addictologie a été dispensée à des professeurs, infirmières et assistantes sociales notamment. Durant cette formation, plusieurs produits ont été abordés tels que le tabac, la vapoteuse, le paka, l’alcool et bien sûr l’ice, détaille Nathalie Derycke, chargée de projet et référente addiction à la direction de la Santé. Plusieurs ateliers ont également été mis en place avec 55 infirmières et assistantes sociales pour « élaborer et développer des stratégies » afin d’« aborder les jeunes de manière bienveillante et éducative ». À la suite de ces formations, des équipes éducatives ont mis en place « des expérimentations » au sein des écoles. Le 10 décembre 2025, c’est le collège de Hitia’a o te ra qui a initié à cette campagne de sensibilisation avec l’infirmière de l’établissement, Rau’ura Tauaroa. En présence d’une assistance sociale et d’un personnel soignant du CPSA, une séance de prévention d’une heure a alors été mise en place pour les élèves de 4ème et 3ème. Le but : créer un échange « interactif et dynamique pour pouvoir toucher les élèves afin qu’ils repartent avec des outils et des acquis ». Enquête anonyme en 2027 Au programme de la séance : dangerosité du produit, sa composition, les impacts sur le corps, sur la scolarité et sur l’environnement social. « On a réfléchi ensemble à des comportements qui peuvent offrir une alternative de recours aux substances », détaille Rau’ura Tauaroa. Une formatrice de métropole est également attendue à la fin du mois pour former des référents locaux au sein des services de santé du Pays et des établissements du premier et second degré, afin de développer chez les élèves des « compétences psychosociales », basées sur l’estime de soi, la capacité à analyser les risques et à refuser une pression. En parallèle de ces séances de prévention en classe, le gouvernement souhaite aussi mieux connaître les consommations des adolescents. Une enquête anonyme doit être lancée à l’occasion du renouvellement du marché public de prévention scolaire début 2027 et sera menée dans l’ensemble des établissements du fenua.