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Deux ans de plus pour la convention sur les abris de survie

À l’occasion de de l’inauguration du nouveau Centre d’incendie et de secours de Rangiroa, baptisé du nom de l’ancien tavana Teina Maraeura, Manuel Valls s’est engagé à prolonger de deux ans la convention signée en 2021 avec le Pays sur la construction d’abris de survie dans les Tuamotu. 650 millions de francs supplémentaires seront débloqués par l’État, autant par le Pays, pour terminer les projets déjà lancés. Moetai Brotherson a d’ores et déjà tendu la main au ministre pour négocier une nouvelle convention, les besoins dans l’archipel étant loin d’être couverts.

Pas de visite ministérielle sans inauguration d’un abri de survie. Manuel Valls, qui après les Marquises était reçu aux Tuamotu ce vendredi, a même eu le droit à une double dose. En matinée, la délégation a visité du chantier de reconstruction de l’infirmerie de Tiputa, qui doit servir d’abri surélevé contre les risques de cyclones et de submersion. Quelques heures plus tard, après un déjeuner sur la passe et un détour par le centre de la Mokarran Protection Society, l’ancien Premier ministre a participé à l’inauguration d’un autre abri, terminé lui, et destiné à servir de centre d’incendie et de secours de Rangiroa. Un impressionnant bâtiment, baptisé sur décision du tavana Tahuhu Maraeura du nom de son prédécesseur de père, Teina Maraeura, qui avait lancé le projet. Lui aussi surélevé de trois mètres, et pouvant résister à des vents de 300 kilomètres heures et une pression d’eau de 4 tonnes, il doit pouvoir abriter plus de 300 personnes en cas d’alerte. Au quotidien, ce « CIS » municipal, qui a coûté 375 millions de francs, accueillera bientôt les pompiers et muto’i de la commune dans des locaux dont beaucoup de casernes du pays pourraient jalouser, avec vastes espaces de travail, équipements modernes et salle de sport.

Deux ans et 650 millions….

Mais plus que cet exercice protocolaire loin d’être inédit, c’est une annonce qu’attendaient les élus des Tuamotu et du Pays réunis sur place. De ce côté-là, Manuel Valls n’a pas déçu. D’abord, l’État versera bien, malgré la rigueur budgétaire très en vogue à Paris, les 310 millions de francs Pacifique de la dotation 2025 pour les abris de survie. Le ministre s’est surtout engagé à proroger de deux ans la convention État – Pays signée en 2021, qui avait relancé la construction de ces abris. Deux ans et 650 millions de francs supplémentaires débloqués. Des fonds qui vont surtout permettre de terminer les projets déjà lancés, qui ont soufferts de retards, et de dépassement de coût avec l’inflation post-Covid.

Un engagement qui confirme « que l’État a fait de la sécurité des populations ultramarines une des priorités de son action, comme c’était l’engagement pris par Emmanuel Macron il y a quatre ans ». La convention de 2021 prévoyaient la création de 23 bâtiments publics pouvant servir d’abri de survie, qui devaient venir compléter et renouveler le réseau déjà construit depuis la destructrice saison cyclonique de 1983. Quatre ans après, quatre abris, représentants 1253 places ont été inaugurés, 8 sont en phase de travaux et 11 sont toujours en phase d’étude.

…Et pourquoi pas une nouvelle convention

À la tribune avant le ministre, Moetai Brotherson a d’ores et déjà voulu aller plus loin que cette prorogation, et tendu la main à l’État pour négocier une nouvelle convention qui démarrerait donc en 2027. Une continuation jugée « nécessaire pour terminer de répondre au besoin » des îles des Tuamotu. Car même au bout des deux ans de prorogation annoncée ce vendredi, il manquera, rien qu’à Rangiroa, 1000 places en abri de survie. Et d’autres îles ne sont pas encore équipées. « On n’aura pas achevé ce programme tel qu’il est réellement attendu par les habitants des Tuamotu », résume le président.

La future convention qu’il appelle de ses vœux doit fonctionner, comme la précédente sur le principe du « 1 franc pour 1 franc », entre le Pays et l’État. Le Tavini, en tout cas certains de ses élus, comme Tina Cross, avaient pourtant donné de la voix, en 2021, pour dénoncer ce partage sur « une compétence exclusive de l’Etat », considérant même que Paris se « dérobait » à ses obligations. Moetai Brotherson ne souscrit pas l’analyse : « Le un franc, un franc, ça ne me pose pas de problème. Pour moi la détresse de nos populations et leur sécurité n’a pas à être segmentée par le statut, dit-il. Donc que le Pays vienne à parité avec l’Etat sur ces abris, qui hebergent d’ailleurs des structures qui peuvent être dans les compétences du Pays, comme cette infirmerie à Tiputa, ça n’est pas un problème. Il faut sortir des schéma un peu manichéens ». Manuel Valls n’a pas répondu directement à la proposition de nouvelle convention du président du Pays mais s’est dit ouvert à la poursuite de toutes les discussions sur la sécurité des Polynésiens.

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