ACTUS LOCALESFAITS DIVERS Drame de Vairao : la justice toujours en attente des résultats ADN des chiens Alexandra Perrini 2026-07-01 01 Juil 2026 Alexandra Perrini Plus de deux mois après le décès d’un enfant de deux ans, retrouvé grièvement blessé dans la cour de sa nourrice à Vairao, les résultats des analyses effectuées sur les cinq chiens présents sur le site sont toujours attendus. À ce stade, donc, l’hypothèse de morsures par d’autres animaux laissés en divagation n’est toujours pas exclue. Une information judiciaire a été ouverte contre X, avec deux infractions visées : homicide involontaire par agression d’un chien, et délaissement d’un mineur de 15 ans ayant entraîné la mort, une infraction criminelle passible de vingt ans de réclusion. Lire aussi : Enfant tué par des chiens à Vairao : « il n’est pas exclu qu’on saisisse un juge d’instruction » Que s’est-il passé à Vairao le 27 avril dernier ? Est-ce que les cinq chiens de la nourrice sont responsables de la mort de l’enfant décédé à la suite de morsures ? Ces questions sont toujours en suspens au tribunal de Papeete. La procureure Solène Belaouar explique que les analyses menées sur les canidés sont toujours en attente de résultat et qu’il s’agit d’une procédure qui prend du temps. « C’est très long, parce que ce sont des analyses qui partent en métropole et les analyses ADN », en particulier, mettent plus de temps. Le parquet indique avoir ouvert le 11 mai dernier une information judiciaire contre X. Le jour du drame, un enfant de deux ans est décédé à la suite de plusieurs morsures de chiens alors qu’il se trouvait chez sa nourrice sans surveillance, à Vairao. Il avait été déposé près de l’entrée de la maison par sa mère, à une heure où la nourrice était, d’après son témoignage, toujours endormie. C’est elle qui avait découvert l’enfant agonisant plus tard dans la matinée, au niveau de la cour. La petite victime n’avait pas pu être réanimée. Infraction criminelle Désormais saisi, le juge d’instruction devra déterminer les « éventuelles responsabilités ». « C’est évidemment quelque chose qui, au plan humain, est très difficile », précise Solène Belaouar. Sur le plan de la procédure pénale, « deux infractions ont été visées et sur lesquelles travaille le juge d’instruction : il y a des faits d’homicide involontaire par agression d’un chien, dont des chiens qui auraient pu être laissés en divagation », souligne la procureure. La seconde infraction est celle de « délaissement d’un mineur de 15 ans ayant entraîné la mort », poursuit le parquet qui souligne qu’il s’agit de faits « particulièrement graves » puisqu’il s’agit d’une « infraction criminelle qui peut faire en courir jusqu’à 20 ans de réclusion ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/07/ATTAQUE-CHIENS-VAIRAO.wav À noter que si les prélèvements n’établissent pas de lien entre un de ces chiens et les morsures mortelles, l’affaire pourrait se révéler plus complexe, comme l’expliquait déjà la procureur. L’implication de chiens errants ou en divagation n’est toujours pas exclue et pourrait soulever des questions sur la responsabilité de la commune, en l’occurrence Taiarapu-Ouest. « La responsabilité de la mairie, c’est une question qu’on s’est déjà posée dans d’autres affaires », expliquait Solène Belaouar. « Dans l’absolu, on n’a jamais eu le cas en Polynésie, enfin pas à ma connaissance. Mais si des chiens déjà signalés comme dangereux, qui auraient déjà mordu, signalés à la ville, et que cette dernière n’avait rien fait et qu’il survient à nouveau un accident, on pourrait aller rechercher sa responsabilité », prévenait le parquet. À ce stade, aucune personne n’a été mise en examen.