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Épic de Moorea : trois mois pour engager la transformation

La grève est finie à l’Épic Te Ito Rau no Moorea Maiao? et direction et syndicats se sont mis d’accord sur un programme de transformation à engager d’ici trois mois. Le directeur François Pierson reconnait que la structure était restée « sur l’ancien modèle du précédent concessionnaire » et que le fonctionnement de l’Épic était, par conséquent, « un peu bancal ».

Le black-out de plusieurs heures le 21 janvier, les préavis de grève qui s’enchainent depuis deux ans ou encore la grève de 22 jours de ce début d’année : c’est de l’histoire ancienne. L’Épic Te Ito Rau no Moorea Maiao est reparti du bon pied : « Nous sommes tous en phase pour aller dans la même direction », assure le directeur François Pierson. Et notamment vers le changement complet de l’Épic. Dans le protocole d’accord signé mardi soir, conseil d’administration, direction et CSIP sont d’accord pour engager un programme de transformation d’ici trois mois et « améliorer l’organisation de l’établissement autour d’un projet construit avec l’ensemble des équipes ». François Pierson reconnait que le fonctionnement était resté « un peu bancal ». L’Épic avait gardé l’organisation du concessionnaire précédent sans les fonctions supports.

« Aujourd’hui, le vrai sujet, c’est la conduite du changement »

Les fonctions supports, ce sont notamment les achats et l’approvisionnement de matériel. L’Épic n’avait pas accès aux mêmes services qu’EDT-Engie et cela pose problème pour le dépannage ou le remplacement de pièces par exemple. « Pour l’ancien concessionnaire, il lui suffisait d’appeler son magasin à Puurai et il avait la pièce dans la journée. » L’Épic doit donc trouver des fournisseurs locaux ou internationaux et convenir de partenariats avec eux pour retrouver cette fluidité. « Nous voulons aussi créer un stock à Moorea. Pour la dernière panne, nous avons dû attendre dix jours pour avoir les équipements et réparer. » Il y a également toutes les interactions entre l’agence commerciale, l’exploitation et la direction qu’il faut revoir. « Il faut qu’on trouve un mode de fonctionnement qui n’est pas l’ancien mode de fonctionnement, mais l’organisation d’un établissement autonome. » Devant l’ampleur du travail, on se demande pourquoi tout ça n’a pas été fait avant. François Pierson parle d’une reprise dans l’urgence et reconnait que les équipes ont fonctionné en gardant les méthodes des années précédentes alors que le concessionnaire n’était plus le même. « Aujourd’hui, le vrai sujet, c’est la conduite du changement. » Et la CSIP est « en ligne » avec cet objectif. « On parle de gestion du stock, d’approvisionnement, des chargés de projet pour pouvoir répondre aux demandes clients, tout ce genre de choses. Nous sommes tout à fait en phase. On a pris le temps effectivement d’être très pointilleux chacun de son côté et on converge vraiment sur la solution. »

Un changement de ton donc des deux côtés qui semblaient pourtant il y a quelques jours arcboutés sur leurs positions respectives. La direction explique qu’elle a aussi réussi à démontrer qu’elle pouvait s’organiser autrement, avec des prestataires par exemple. « Une pression ? Je n’aime pas trop ce mot parce qu’il est un peu polémique, mais je suis plutôt sur une prise de conscience des deux côtés qu’on pouvait faire autrement. »

Et il est grand temps que l’Épic évolue car Moorea doit faire face à beaucoup d’enjeux : de nombreuses demandes de raccordement, un réseau vieillissant et un passage aux énergies renouvelables qu’il va falloir lancer. Quant au black-out de janvier, une enquête indépendante a été lancée, explique François Pierson, histoire d’être sûr de ne pas se tromper dans les solutions à mettre en œuvre.

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