ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ Faut-il étendre les compétences des mutoi ? Caroline Perdrix 2025-02-20 20 Fév 2025 Caroline Perdrix Entendus par la mission d’enquête de la commission des lois du Sénat, plusieurs maires et chefs de brigade des 5 archipels souhaitent que les policiers municipaux puissent procéder à des contrôles d’identité et verbaliser les infractions du quotidien. Dans la zone urbaine, ils souhaitent aussi pouvoir disposer de tasers et d’aérosols anti-agression de plus grande contenance. La mission sénatoriale sur la police municipale a souhaité entendre les maires et leurs policiers. Menée par la sénatrice du Val d’Oise Jacqueline Eustache-Brinio, appuyée par Lana Tetuanui, la mission a consulté mercredi, par visioconférence, plusieurs représentants municipaux (Patrick Bordet pour Papeete, le tavana de Tumaraa Cyril Tetuanui, celui de Uturoa Matahi Brotherson, Gaston Tong Sang et Frédéric Riveta) et des chefs de brigade de Punaauia, Teva i Uta, Nuku Hiva et Rangiroa. La mission vise à identifier les besoins des policiers municipaux, pour faire évoluer les textes en termes de statut, de compétence, de collaboration et d’équipement. Les maires et les policiers étaient très contents d’être consultés, dit René Temeharo qui accueillait la visioconférence dans les locaux du Centre de formation et de gestion. En raison de l’étendue du territoire et de l’isolement géographique de nombreuses communes, les policiers municipaux sont souvent les premiers sur les lieux et pourraient procéder à certaines opérations sans attendre le renfort de la gendarmerie ou de la police nationale. Ainsi, les policiers municipaux polynésiens souhaiteraient pouvoir exercer des compétences supplémentaires, comme la vérification d’identité, le contrôle d’alcoolémie et le constat d’infractions routières. Des compétences auxquelles ils pourraient être facilement formés dans le cadre des formations continues obligatoires. Dans la zone urbaine, les mutoi veulent aussi être mieux équipés. Si, en métropole, la question du port d’armes dans la police municipale se pose, en Polynésie, « on est tous d’accord, on en n’est pas là », dit le président du CGF. En revanche, ils souhaitent pouvoir bénéficier de tasers et d’aérosols anti-agressiolns de plus grande contenance. Le rapport de la mission sénatoriale est attendu pour la fin du premier semestre.