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Faut-il installer des filets anti-pollution aux embouchures de rivière ?


L’association Mama natura, qui mène depuis deux ans d’importantes campagnes de sensibilisation et de ramassage, demande l’installation de dispositifs capables d’intercepter les déchets flottants « venant des vallées » avant leur arrivée en mer. La présidente du collectif, Adeline Yvon, qui reste dans l’attente d’une réponse de la Diren avec qui elle dit avoir discuté, frappe désormais aux portes des communes, notamment celles de Papeete et de Pirae.

Empêcher les déchets des rivières de se répandre dans le lagon grâce à des technologies anti-pollution, c’est l’objectif que s’est fixé Mama natura pour 2025. Créée il y a deux ans, cette association, connue pour ses actions de sensibilisation et surtout ses campagnes de ramassage, dit avoir collecté plus de 40 tonnes de déchets depuis ses débuts. Sur la seule année dernière, les 45 opérations menées par ses bénévoles ont permis de ramasser 20 tonnes d’ordures. Une quantité importante retrouvée principalement sur les plages ou aux abords des cours d’eau et des rivières… « Là, on parle seulement de ce qu’on a pu ramasser. Mais il y a tout le reste, tout ce qui s’est déversé dans le lagon sans qu’on puisse les récupérer », regrette Adeline Yvon, présidente de l’association qui appelle les autorités à agir.

Collecter les déchets qui arrivent des vallées

L’association demande ainsi, depuis l’an dernier, la mise en place « d’un projet pilote » visant à installer des filets de captage ou des barrages flottants aux embouchures des rivières notamment à Papeete et Pirae. « C’est reconnu comme très efficace pour collecter les bouteilles en plastique, les déchets, les encombrants qui arrivent des vallées. Là, je suis en train de voir avec des communes si on peut mettre en place un barrage test pour voir ce que ça donne puisque ça rentre dans les objectifs du développement durable. »

L’association s’est déjà rapproché des ingénieurs de l’entreprise Francaise Pollustock, qui développent depuis 15 ans maintenant « des solutions environnementales de pointe » pour lutter contre la pollution. Ils ont notamment créé la « nasse Hydro-Rescue », un filet d’interception « capable d’arrêter jusqu’aux micro-déchets » et qui peut être placé sur des déversoirs déjà aménagés. Ou le « B-Caïman », « barrage flottant à haute résistance » développé pour « confiner les déchets dérivants ». Ou encore, plus récemment, le panier anti déchets ID-O, destiné aux bouches d’évacuation des eaux pluviales. Des équipements qui sont également, pour leurs concepteurs, des « outil d’études performant pour les scientifiques, les associations et les gestionnaires de réseaux », ainsi que des « outils de sensibilisation et de médiatisation ». Entreprises privées et collectivités métropolitaines ont déjà tenté l’expérience, certains pays dans le monde, comme l’Australie, les utilise à grande échelle, et les barrages, filets ou nasses ont aussi été testés l’outre-mer français, comme à la Réunion… L’association voudrait donc réussir à les faire installer au fenua.


Plus de 2000 bouteilles plastique récoltées depuis janvier

Coût d’un tel dispositif : environ 4 millions par embouchure, auquel il faudra ensuite rajouter les frais d’installation, de maintenance et d’enlèvement régulier des déchets capturés. Des déchets qui pourront ainsi être « quantifiés et, quand c’est possible de les revaloriser » précise la présidente de l’association. En attendant d’être entendue, Mama natura continue ses campagnes et interpelle sur des changements qui ne vont pas dans le bon sens : sur les 395 kg de déchets récoltés depuis le début de l’année, plus de 2000 bouteilles en plastique. Un chiffre en augmentation. Le collectif suspecte que la fin des consignes en verre de la Brasserie n’est pas étrangère à ce phénomène, et devrait, pour vérifier, mener un décompte précise des bouteilles pendant toute l’année.

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