ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ Gendarmerie : des renforts, mais pas encore de brigade sur les violences familiales Nanihi Laroche 2025-10-05 05 Oct 2025 Nanihi Laroche Le colonel Stéphane Brunet a réaffirmé que la lutte contre « tous les stupéfiants » était au premier rang de ses priorités lors d’une cérémonie de prise de commandement de la gendarmerie en Polynésie, qui s’est déroulée ce vendredi, deux mois après son entrée en fonction effective. L’officier a surtout annoncé des renforts : 16 réservistes supplémentaires, une nouvelle cellule d’exploitation du renseignement local, deux nouveaux enquêteurs en cybersécurité qui arriveront en novembre. En revanche, la brigade « Vif » dédiée aux violences intrafamiliales, annoncée pour cette fin d’année, ne verra pas le jour avant 2026. La gendarmerie de Polynésie a un nouveau commandant depuis le 1ᵉʳ août, mais la cérémonie officielle de passation n’a eu lieu que ce vendredi soir à la caserne Bruat, en présence notamment du Haut-commissaire Alexandre Rochatte. L’occasion de rassembler les principaux cadres de la gendarmerie qui compte 500 militaires Polynésie, tous corps confondus. L’occasion surtout de remettre en avant les priorités du colonel Stéphane Brunet, qui était déjà venu détailler sa feuille de route sur le plateau de Radio1 fin août. Réseaux organisés, revendeurs et consommateurs Et sans surprise, la lutte contre les stupéfiants et au premier rang du discours. Contre « tous les stupéfiants », précise le commandant, incluant donc l’ice mais aussi le paka. Pour cela, la gendarmerie se focalise sur trois aspects : “à la fois sur le travail de fonds, avec le démantèlement des réseaux de crimes organisés lorsqu’ils existent, détaille le colonel. Sur le management moyen, c’est-à-dire les gens qui revendent, et puis sur les consommateurs. » Une politique « très large » qui nécessite une coopération avec « nos partenaires internationaux », pour surveiller « le transit de produits à destination du territoire », et découvrir « les réseaux qui travaillent sur le territoire, pour les éradiquer. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/COMMANDANT-1-stupefiants-Stephane-Brunet.wav Pour renforcer cette lutte dont les résultats sont fréquemment critiqués – la grande manifestation anti-ice de début septembre l’a encore montrée – le militaire mise sur l’augmentation des effectifs, « pour occuper davantage l’espace public ». Seize réservistes, « issus de Tahiti ou des archipels », ont été « injectés en plus, et d’autres, travaillent régulièrement pour nous, dans les brigades, sur la voie publique, précise-t-il. Ils nous permettent d’avoir un impact complémentaire sur la voie publique, à la fois sur la dissuasion, la prévention, le contact avec la population, et quand il le faut, sur la répression” https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/COMMANDANT-2-effectifs.wav La gendarmerie va en outre accueillir deux enquêteurs spécialisés dans la cybercriminalité qui viendront se joindre de manière pérenne, à partir du 1ᵉʳ novembre, au spécialiste du domaine déjà présent sur le fenua. Brigade Vif : pas avant 2026 Autre nouveauté, mise en place à la mi-septembre, une structure d’exploitation du renseignement, constitué de cinq personnes. “Des renseignements qui émanent des brigades et donc de la population”, précise le colonel, qui estime que ce groupe complémentaire permet une meilleure exploitation en temps réel des informations. Selon lui, « des résultats sont déjà visibles ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/COMMANDANT-3-renseignement.wav Parmi les autres priorités se trouve forcément la lutte contre les violences intrafamiliales (Vif). Pourtant, le projet de brigade Vif, évoqué dès 2023 par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, puis annoncé pour la fin de l’année par l’ancien commandant Grégoire Demezon, devra attendre. L’idée « est toujours vivante, et toujours inscrite comme quelque chose qui va se réaliser », affirme Stéphane Brunet, mais les troubles politiques et budgétaires parisiens de ces derniers mois ont semble-t-il eu raison du calendrier. À la gendarmerie, on espère que les nouveaux postes d’enquêteurs spécialisés prévus pour animer cette brigade spécialisée dans les faits les plus graves seront débloqué l’année prochaine. Basée au quartier Tehei de Faa’a, la brigade Vif, inscrite dans la loi d’orientation et de programmation de l’Intérieur qui court jusqu’à 2027, doit accueillir dans un premier temps, six officiers de police judiciaire, qui « élargiront d’autant de militaires les effectifs de la gendarmerie », avait précisé sur le plateau de Radio 1 le colonel Grégoire Demezon en avril 2025.