ACTUS LOCALESPOLITIQUE Pas de nouveau parti, un soutien à l’assemblée… Oscar Temaru appelle ses « fils » à la paix Charlie Réné 2026-06-18 18 Juin 2026 Charlie Réné C’est un appel lancé ce 18 juin dans un communiqué laconique. Le président du Tavini, convalescent y demande à Moetai Brotherson de renoncer à la création, pourtant imminente, de son parti A Fano Ti’a. « Cela va nous mener à la ruine », écrit-il en affirmant que c’est à son « fils aîné », Tony Géros de « mener la barque » du mouvement indépendantiste. Mais le maire de Faa’a appelle en retour le président de l’assemblée à soutenir le gouvernement de Moetai Brotherson, son « fils cadet », et ce « jusqu’à la fin de la mandature ». Reste à savoir si les frères ennemis, et leurs soutiens, seront sensibles à cette appel à la paix. C’est un appel qui fera peut-être date, lancé ce 18 juin par Oscar Temaru, dans un communiqué signé de sa main et diffusé par son entourage dans la soirée. Le président du Tavini, convalescent et qui n’a plus fait d’apparition publique depuis un séjour à l’hôpital en mai, y interpelle directement Moetai Brotherson. Le président du Pays a plusieurs fois confirmé depuis début juin, et notamment lundi sur le plateau de TNTV, que la formalisation de son parti A fano Ti’a, annoncée de longue date, était une « question de jour ». Oscar Temaru lui demande ce jeudi de « ne pas créer ce parti ». « Cela va nous mener à la ruine », prévient l’ancien président du Pays. « Humblement, je lui demande de respecter M. Antony Géros, c’est un grand Monsieur, il est mon fils aîné, et c’est lui qui doit mener la barque ». Celle du mouvement indépendantiste en l’occurrence. Mais le président du Tavini s’adresse aussi à son vice-président, aussi président de l’assemblée, qu’il « appelle de ses voeux », à « soutenir le gouvernement de Moetai Brotherson, mon fils cadet, jusqu’à la fin de sa mandature ». Deux frères ennemis qui sont donc appelés à enterrer la hache de guerre jusqu’à 2028. Pour appuyer son propos, Oscar Temaru s’en remet à la Bible et à plusieurs versets de l’Évangile selon Matthieu louant les « artisans de la paix » et rappelant que les « ville ou maison divisée contre elle-même » sont « incapables de tenir ». « Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage », cite encore le communiqué, dans lequel Oscar Temaru explique que la France, l’Algérie ou les Nouvelles-Hébrides « seraient restées des colonies » si elles « avaient pensé comme pensent certains ». Le tout avant d’appeler à la paix, l’unité, et à ne « pas se tromper d’ennemi ». Un communiqué qu’Oscar Temaru a fait rédiger alors qu’il est encore affaibli, mais qu’il « reprend du poil de la bête », comme l’explique son entourage. Comme le confiaient certains à Tahiti infos début juin, la situation politique du camp indépendantiste a pesé sur son moral, si ce n’est sa santé ces derniers temps. « Il y pense en permanence » confirme un proche.