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« Perturbée » par la santé de son tavana, Faa’a a tardé à nommer ses grands électeurs


Le tribunal administratif a étudié ce jeudi une série de déférés du Haut-commissariat concernant les élections des délégués communaux qui voteront aux sénatoriales du 27 septembre. Problème de parité à Maiao, Hitiaa ou Nuku Hiva, déléguée élue contre son gré à Tubuai, refus de priorité à un candidat plus âgé à Ua Huka… C’est le cas de Faa’a qui a retenu l’attention : la commune, dont les agents ont été « perturbés par les nouvelles sur l’état de santé » d’Oscar Temaru, a réuni ses conseillers trois jours après la date fixée par décret national. Un nouveau vote doit donc être organisé. Le tavana, lui, va mieux, mais reste « astreint à un repos très strict ».

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Séance express, et sous délais contraints, ce jeudi au tribunal administratif. Devant le président Pascal Devillers, qui siégeait en juge unique, et le rapporteur public exceptionnellement « dispensé de conclusions » vu la « mécanique plutôt simple » des affaires étudiées, quelques représentants communaux, ainsi que ceux du Haut-commissariat. La représentation de l’État, après avoir déféré certains résultats des municipales, ou des élections de maires qui les ont suivies, a cette fois passé au crible les désignations des « grands électeurs » nommés par les communes en vue des sénatoriales du 27 septembre. 672 délégués, et 423 suppléants, qui sont choisis au sein du conseil municipal, ou à défaut parmi les électeurs, et dont le nombre dépend de la taille de la population de la commune, et de celle de ses communes déléguées.

Une formalité, mais qui implique le respect de quelques règles. Ainsi certaines des élections des délégués réalisées à Hitia’a, dans deux communes associées de Nuku Hiva, ou sur l’île de Maiao sont pointées du doigt pour n’avoir pas respecté la parité, qui est la règle dans les communes où un scrutin de liste s’applique. Le président du tribunal note aussi l’originalité du déféré qui concerne Tubuai où une élue est devenue déléguée… sans son consentement, et même alors qu’elle avait clairement signifié ne pas vouloir être désignée. Quant à Ua Huka, c’est un suppléant qui devra être réélu, puisque le conseil municipal, devant une égalité, a omis de donner la priorité au candidat le plus âgé.

Agents « complètement perturbés »

Mais c’est le cas de Faa’a qui a retenu l’attention. Dans la commune de 29 826 habitants, la plus peuplée du fenua, peu d’enjeux dans ces désignations, puisque les 35 membres du conseil municipal sont délégués, et donc grands électeurs, de plein droit. Il s’agissait seulement de désigner des suppléants, en cas d’absence des délégués titulaires, ou en cas de double admission au collège électoral des sénatoriales : Pauline Niva ou le maire Oscar Temaru sont déjà grands électeurs au titre de l’assemblée. Une séance rapide et sans trop de débat, donc, mais qui devait se tenir aux termes d’un décret publié par Paris, le vendredi 5 juin. Toutes les communes de Polynésie, y compris Makemo, visiblement, qui était pourtant alors en pleine attente de la réélection de son maire, ont réuni leur conseil à la date désignée, sauf Faa’a. Devant le tribunal, et quelques conseillers et cadres de la mairie qui ont fait le déplacement, c’est l’avocat de la commune Stanley Cross qui apporte des explications : les nouvelles, fin mai, sur « l’état de santé du tavana » Oscar Temaru a « complètement perturbé » le personnel en charge de l’organisation de ces opérations électorales e de la convocation des élus. La désignation a été effectuée « dans les règles de l’art », lors d’un conseil présidé par Tetuahau Temaru, le fils et adjoint du maire, mais trois jours trop tard, le lundi 8 juin.

Un détail qui n’en est pas un pour la représentation de l’État, qui ne veut laisser aucune place à la contestation des élections du 29 septembre. Le président du tribunal a donc annulé les opérations électorales du 8 juin, et le Haut-commissariat fixerait une nouvelle date pour convoquer le conseil municipal. La mairie d’Oscar Temaru, toujours par la voix de son avocat, indique qu’elle « suivra les recommandations du Haut-commissariat », et élira de nouveaux ses délégués, cette fois dans les délais impartis.

Quant au tavana, qui avait été hospitalisé et dont la santé avait effectivement inquiété bien au-delà de la mairie de Faa’a fin mai, « il va mieux, mais il est astreint à un repos très strict ».

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