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Ice : l’affaire des anciens brancardiers renvoyée à l’instruction

Les quatre hommes, dont trois brancardiers du CHPF, soupçonnés d’avoir tenté d’importer de l’ice depuis Los Angeles entre le 11 et le 26 avril dernier, ne seront finalement pas jugés dans l’immédiat. Alors qu’ils devaient comparaître ce jeudi devant le tribunal correctionnel, les magistrats ont estimé que plusieurs zones d’ombre demeuraient dans le dossier et qu’un complément d’enquête était nécessaire. L’affaire a été renvoyée à un juge d’instruction, qui devra notamment se prononcer sur une éventuelle mise en examen des suspects. Leur maintien en détention provisoire ou leur remise en liberté doit également être examinée.

Pas assez d’éléments selon le président du tribunal. Ce jeudi, quatre hommes suspectés de tentative d’importation d’ice ou de complicité devaient passer en comparution immédiate pour répondre de leurs actes. Trois d’entre eux étaient brancardiers au CHPF et le dernier est le frère de l’un d’eux. En début d’audience, le tribunal a estimé que plusieurs zones d’ombre subsistaient dans ce dossier, notamment concernant d’éventuels faits antérieurs de trafic de stupéfiants susceptibles d’être liés à cette affaire.

Le dossier a été renvoyé à un juge d’instruction, désormais chargé de poursuivre les investigations et de déterminer les suites judiciaires. Il devra notamment se prononcer sur une éventuelle mise en examen des quatre suspects et un juge des libertés et de la détention décidera par la suite si les quatre hommes retournent à Nuutania, dans l’attente de l’enquête, ou s’ils seront libres.

Me Eyrignoux, avocate de l’un des prévenus, aurait souhaité que son client « soit jugé aujourd’hui » afin de clore le dossier. « Qu’il y ait une condamnation ou pas, mais qu’au moins ils sachent à quoi s’en tenir », déclare la pénaliste, qui ajoute que ce ne sera donc « pas le cas, puisque même s’il est mis en examen, il ne sera pas jugé » immédiatement. « Il faudra attendre peut-être six ou sept mois le temps que l’instruction puisse donner lieu à un retour d’enquête. C’est quand même un peu dommage » sachant que le procureur et trois des quatre autres avocats avaient demandé à ce que l’affaire soit bien jugée ce jeudi, précise-t-elle.

« Deux transporteurs, un organisateur et un financeur »

Lors de leur première présentation devant la justice, le 30 avril dernier, le procureur avait estimé que le groupe était articulé en « deux transporteurs, un organisateur et un financeur ». Sur les quatre hommes, deux d’entre eux sont suspectés d’avoir tenté de faire entrer de l’ice au fenua entre le 11 et le 26 avril, de Los Angeles. Les enquêteurs avaient alors intercepté 240 grammes de métamphétamines, l’équivalent de 24 millions de francs, et avaient pu remonter jusqu’aux deux autres suspects. Lors de l’interpellation du personnel médical, le CHPF avait publié un communiqué sur ses réseaux, indiquant « que certains de ses 2 300 agents seraient mis en cause dans le cadre d’une procédure judiciaire relative à une affaire d’importation de stupéfiants ». 

Parmi les profils, figure notamment un brancardier, père de famille, ancien consommateur d’ice, qui aurait basculé dans la drogue après le décès de son bébé il y a quatre ans. Son frère a été décrit comme une personne souffrant de troubles psychologiques, dont l’état de santé n’était pas compatible avec la détention. Son avocat évoquait « le profil du brave homme handicapé ». Les deux autres individus ont été présentés comme des hommes « sans histoire », qui se seraient retrouvés « dans une galère », davantage par circonstances que par choix.

 

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