ACTUS LOCALESPOLITIQUE Gouvernement Lecornu 2 : Naïma Moutchou remplace Manuel Valls aux Outre-mer Outremers360° 2025-10-12 12 Oct 2025 Outremers360° Une semaine après son échec à former un exécutif et sa démission, Sébastien Lecornu, renommé par Emmanuel Macron, a annoncé la composition d’un nouveau gouvernement « de mission », pour « donner un budget à la France avant la fin de l’année ». Naïma Moutchou avocate, députée du Val d’Oise et proche d’Édouard Philippe, et qui avait été nommée ministre de la Fonction publique dans l’équipe précédente, remplace Manuel Valls sans son titre de ministre d’État. Le contexte politique rend très incertain la survie de cette équipe gouvernementale. Les précisions de notre partenaire Outremers 360°. Peu connue du grand public, Naïma Moutchou est élue députée depuis 2017, d’abord siégeant dans les rangs de La République en Marche, puis d’Horizons -parti de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe- depuis 2022, réélue en 2024. De 2022 à début octobre 2025, Naïma Moutchou fait partie des vice-présidents de l’Assemblée nationale. Elle a aussi participé à la mission d’information sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Contrairement à son prédécesseur Manuel, dont le maintien en poste était demandé par plusieurs élus ultramarins dont Moetai Brotherson au nom de la continuité des dossiers, elle n’est pas ministre d’État. Avocate de formation, la nouvelle locataire de la rue Oudinot était, de dimanche dernier à ce dimanche soir, ministre démissionnaire de la Transformation et de la Fonction publique, de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Elle a aura désormais en charge des dossiers épineux, au premier desquels, la poursuite de l’accord de Bougival sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Un gouvernement de mission est nommé pour donner un budget à la France avant la fin de l’année. Je remercie les femmes et les hommes qui s’engagent dans ce gouvernement en toute liberté au-delà des intérêts personnels et partisans. Une seule chose compte : l’intérêt du pays. — Sébastien Lecornu (@SebLecornu) October 12, 2025 Cela commence par le projet de loi organique visant à reporter les élections provinciales de l’archipel à la mi-2026. Prévues fin novembre, leur report, contesté par le FLNKS, est un préalable à la mise en œuvre de l’accord signé en juillet dernier et pour permettre une consultation des Calédoniens sur cet accord en février. Retour de la Nouvelle-Calédonie à Matignon ? Si le projet de loi organique n’est pas voté, en raison d’un calendrier extrêmement contraint et de l’instabilité du contexte politique, les élections seront maintenues fin novembre, sur la base d’un corps électoral gelé. Pour rappel, l’accord est notamment affaibli par le volte-face du FLNKS qui, après l’avoir signé, s’est finalement rétracté. Le Front indépendantiste réclame aussi le maintien des élections provinciales à fin novembre. Il est aussi probable que le Premier ministre Sébastien Lecornu reprenne le dossier calédonien, comme il était de tradition de Michel Rocard en 1988 à Édouard Philippe en 2020. Lors de ses négociations avec les groupes politiques la semaine dernière, le chef du gouvernement avait érigé l’avenir de la Nouvelle-Calédonie en « sujet de préoccupation majeure » des discussions. En tant que ministre des Outre-mer de 2020 à 2022, Sébastien Lecornu avait hérité du dossier calédonien, rompant avec la tradition du dossier réservé à Matignon. Vie chère, budget, Mayotte Autre sujet dans l’agenda du gouvernement et de Naïma Moutchou : le projet de lutte contre la vie chère en Outre-mer, présenté en juillet en conseil des ministres par Manuel Valls. La ministre sera également en première ligne des débats budgétaires, où il sera notamment question de la baisse des aides fiscales et exonérations de charges sociales pour les entreprises en Outre-mer. Une baisse prévue dans le projet de budget de François Bayrou, et qui suscite une levée de boucliers dans les territoires ultramarins. Réunis à l’Élysée le 30 septembre dernier, les élus ultramarins -notamment des Antilles-Guyane, ont eu la garantie de travaux sur les évolutions statutaires de ces territoires, avec la mise en place de groupes de travail d’ici la fin de l’année. Martinique, Guadeloupe et Guyane souhaitent notamment un pouvoir normatif ; tandis qu’un toilettage des statuts de Polynésie et de Wallis et Futuna a été évoqué. La Réunion et Mayotte ont réclamé le statu quo. Enfin, il faudra pour la nouvelle ministre et le gouvernement suivre l’application de la loi de refondation de Mayotte, votée en juin dernier, et qui prévoit un investissement de plus de 4 milliards d’euros. Beaucoup de dossiers cruciaux et sensible donc pour la nouvelle ministre, dont le profil dénote avec son prédécesseur, ancien Premier ministre, ministre d’État. Un ministère qui sera d’autant plus laborieux qu’il perd son poids protocolaire -de numéro 3 à 14 du gouvernement-, dans le contexte mouvementé que l’on connaît. Particularité de ce gouvernement Lecornu 2 : aucun ministre n’est nommé ministre d’État. En outre, les passations auront lieu en toute sobriété, sans presse, selon la volonté du Premier ministre. Dernière question : quid du ministre délégué chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux ? Le Mahorais Thani Mohamed-Soilihi n’avait pas été rappelé la semaine dernière, ni ce dimanche soir. Il devrait retrouver son siège de sénateur en novembre. En attendant, le premier Conseil des ministres aura lieu mardi à 10h, suivi par la Déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale.