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Hinatea Colombani et Miriama Bono exposent le tapa à Paris

Hinatea Colombani et Miriama Bono participent à la 7e édition de la biennale Révélations à Paris, vitrine des métiers d’art français. Sous la majestueuse nef du Grand Palais, aux côtés de 550 invités venus de 35 pays, leurs versions du tapa représentent la créativité polynésienne, ancrée dans la nature et la tradition. Le président Macron est venu les saluer. 

La Polynésie est présente à la Biennale Révélations qui s’est ouverte mercredi à Paris. Vitrine internationale de l’excellence des métiers d’art, l’événement rassemble 550 exposants de 35 pays au Grand Palais. Les œuvres de Hinatea Colombani et de Miriama Bono partagent avec des artistes antillais le seul stand dédié aux outre-mer. 

Hinatea Colombani, fondatrice du centre ‘Ario’i, est venue avec plusieurs grands tapas, dont elle explique la fabrication aux amateurs parisiens, le battage, la teinture rouge à base de graines – “deux jours avant l’avion on était sous l’arbre à trouver les graines de mati”-, la teinture noire faite de cendres, de noix de bancoul et de sève de fe’i, la teinture jaune à base de racines de noni rehaussée de rea tahiti. Pour elle, le challenge a été celui de l’installation des tapas. Au Grand Palais, ils sont présentés debout, fixés dans des battoirs fabriqués par Moe Meder, son compagnon et associé, et forment des volumes au lieu d’être montrés à plat. “À la base ce sont des vêtements, puis on en a fait des tableaux, mais aujourd’hui en faire une installation, c’est autre chose.”

Hinatea prend soin de faire comprendre la dimension temporelle de son travail : “Quand les gens nous demandent combien de temps on a mis, j’inclus les années de pousse de l’arbre, parce que toutes les semaines il faut aller retirer les bourgeons pour ne pas avoir de nœuds, donc je dis ‘deux ans, et huit semaines de fermentation, deux semaines de battage et quatre jours de peinture’…c’est intéressant parce qu’ils prennent conscience que ce n’est pas juste un papier ou un canevas qu’on va chercher au magasin.”

La biennale est aussi un marché. Hinatea va revoir les représentants de la Fondation Cartier, qui avaient déjà fait l’acquisition d’un tapa lors de la Biennale de Sydney en mars 2024. Et un acheteur a déjà promis de lui passer commande. 

Pour Miriama, c’est l’occasion de partager un nouveau cycle de travail sur “l’empreinte du vivant” qui s’inspire des feuilles qu’elle collecte dans les îles. Son installation est faite de papier à base de feuilles de bananier réalisées par l’entreprise Biobase et de feuilles de tapa faites par Hinatea et son compagnon Moe Meder. “C’est important pour nous Polynésiens parce qu’on n’a pas l’habitude d’être sur des scènes aussi grandes, d’être devant un public aussi grand et aussi différent, c’est important de s’y confronter, dit-elle. Forcément en Europe, on n’a pas les mêmes références, il y a la nécessité évidemment de rester authentique, de rester dans sa culture, de rester dans sa propre expression mais aussi d’intégrer des codes européens.”

 

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