ACTUS LOCALESSANTÉ Ice : « Pour s’en sortir, un an avec un suivi régulier » Caroline Perdrix 2025-11-02 02 Nov 2025 Caroline Perdrix Le Dr Romain Bourdoncle (à g.); du Centre de présention et de soin des addcitions. À l’occasion du lancement du premier film de prévention contre l’ice, le Dr Bourdoncle, , médecin psychiatre au Centre de prévention et de soin des addictions, a fait le point sur les types de consommateurs, ainsi que les traitements et ce qu’il faut en attendre. Il estime qu’un consommateur d’ice a besoin d’environ « un an avec un suivi régulier », c’est-à-dire un traitement médicamenteux doublé d’une psychothérapie, avant de pouvoir être considéré comme sorti d’affaire. Le premier film de la campagne No Ice met en scène une jeune femme qui tombe dans la spirale de l’ice. Il s’adresse à ceux qui n’ont jamais touché le produit, mais d’autres films doivent suivre pour viser ceux qui consomment déjà de l’ice régulièrement. Le Dr Romain Bourdoncle, médecin psychiatre au Centre de prévention et de soin des addictions, liste les trois catégories de patients qu’il a pu discerner. « Ça va du soignant à l’agent de l’administration, ou dans le privé aussi, qui vont consommer et travailler en même temps. Ou le maçon, la serveuse en restauration qui vont consommer pour tenir un rythme de travail. » Ou encore « une famille monoparentale, le plus souvent des hommes, avec un enfant à charge de 7-8 ans, qui lui va consommer pendant plusieurs jours une fois que la paie est arrivée, et s’enfermer avec d’autres types de consommation comme la pornographie, et souvent des épisodes dépressifs associés. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/11/ICE-01-3-TYPES-DE-PATIENTS-1.wav Côté traitements, le Dr Bourdoncle explique que tout traitement des addictions repose sur une approche dite biopsychosociale : il faut agir à la fois sur la biologie, sur la psychologie du patient et sur son environnement social. Les médecins disposent d’un arsenal médicamenteux, « des traitements symptomatiques pour diminuer le délire ou réduire la dépression », comme « des calmants, parfois des antidépresseurs, parfois des anxiolytiques. » La prise de médicament doit être complétée par une psychothérapie, pour « travailler sur le vécu, les émotions, les croyances que peut avoir le patient, et puis sur le niveau social, se protéger des fréquentations néfastes et des événements fragilisants comme le deuil, le conflit, l’isolement. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/11/ICE-DR-BOURDONCLE-02-TRAITEMENTS.wav Un fort risque de rechute au 4e mois de sevrage Se débarrasser de son addiction à l’ice est une entreprise de longue haleine, dit le médecin. Il distingue cinq étapes : « le sevrage qui dure une quinzaine de jours, on a après une phase de ‘lune de miel’ qui dure quelques semaines, quelques mois, où on a l’impression qu’on est sorti d’affaire, une phase qu’on appelle ‘le mur’ au bout de quatre mois, où les problèmes qui nous ont fait consommer au départ reviennent, une phase de réajustement de notre mode de vie, changer de fréquentation, changer de mode de vie en général, et ensuite une phase de consolidation qu’on estime généralement à 6 à 12 mois. Donc pour s’en sortir, un an avec un suivi régulier. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/11/ICE-DR-BOURDONCLE-03-SEVRAGE.wav Enfin, le Dr Bourdoncle dit que le CPSA reçoit de plus en plus de femmes : 35% des consultations, toutes addictions confondues, « et elles consomment de plus en plus ». « Il faut demander de l’aide, bien sûr, insiste le Dr Bourdoncle, il faut être humble face à des situations qui sont très fortes. »