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Ice et prévention : « Pas seulement une campagne, mais un mouvement »

Cédric Mercadal a présenté ce vendredi la campagne de prévention contre l’ice, et particulièrement le film qu’on a pu découvrir cette semaine, avec Miss Tahiti 2023, Ravahere Silloux dans le rôle principal. Il sera notamment diffusé dans toutes les classes à partir de la quatrième. Le Pays consacre 20 millions à cette première vague, prépare d’autres  films destinés à des publics différents, et forme des professionnels de l’éducation à détecter, dialoguer et orienter les jeunes consommateurs de drogues.

« Pas seulement une campagne, dit-il, mais un mouvement, de parole et de protection ».  Le ministre de la Santé Cédric Mercadal a procédé au lancement officiel de la campagne No Ice, dont on voit déjà les panneaux d’affichage un peu partout. Il a présenté le film réalisé par Marc Richardson dans lequel Ravahere Silloux, Miss Tahiti 2023, joue le rôle principal.

Ce film choc montre toutes les phases de l’addiction : une jeune femme qui commence à consommer de l’ice poussée par son compagnon, et qui passe par la dégradation physique, le manque, l’isolation et la rupture, et même la prostitution. À la fin, le film se rembobine pour revenir au moment de la première proposition, qu’elle refuse au lieu de l’accepter.

« Parfois il faut choquer pour réveiller les consciences »

Et Ravahere Silloux explique qu’elle a surmonté ses craintes d’écorner son image de Miss Tahiti lorsqu’elle a entendu l’histoire d’un nouveau-né addict à l’ice. Pour interpréter le rôle de cette jeune femme, elle s’est basée sur des vidéos de faits réels.  « Oui, c’est dur à regarder, mais parfois il faut choquer pour réveiller les consciences », écrit-elle sur les réseaux. Un rôle compliqué pour des débuts à l’écran, mais « ‘j’y ai mis tout mon cœur », dit-elle. Et finalement, aujourd’hui elle a « envie que les jeunes gardent cette image de moi dans un coin de leur tête, pour que lorsque quelqu’un va leur proposer de l’ice, ils disent non, qu’ils en aient peur. »

Le Dr Romain Bourdoncle, psychiatre et addictologue responsable du Centre de prévention et de soins contre les addictions de la Direction de la santé, a collaboré à ce projet qui a démarré il y a un an, et atteste de la véracité du film. Et si l’on parle souvent de suicides, il met en garde : on peut aussi  mourir d’une overdose d’ice, qui va provoquer un accident cardiovasculaire.

Ce film, qui va être largement diffusé – Un budget de 20 millions est consacré à cette première vague – s’adresse donc à ceux qui n’ont pas encore touché à la drogue, et il sera suivi d’autres clips pour s’adresser d’autres classes d’âge et ceux qui sont déjà consommateurs, dit Cédric Mercadal. Le Dr Bourdoncle rappelle que le problème va au-delà du cliché du jeune toxicomane en rupture avec la société, et que de nombreux consommateurs sont insérés et travaillent.

Des formations pour les personnels éducatifs

À la fin du mois de novembre, des outils d’information et de prévention seront mis à dispositions dans les établissements scolaires, et les professionnels de l’éducation seront formés et accompagnés. Cinquante-cinq professionnels de santé de la DGEE suivront une formation les 27 et 28 novembre. Ils diffuseront ensuite ce qu’ils auront appris, notamment aux infirmières scolaires, explique Nathalie Derrick, chargée de projet au bureau des programmes de santé de la Direction de la santé : savoir sensibiliser, mais aussi repérer, aborder et orienter les jeunes consommateurs. Les personnels des établissements scolaires seront ainsi mieux préparés à répondre aux élèves lorsque les films de la campagne anti-ice seront montrés à toutes les classes à partir de la quatrième.

À noter que la campagne devait être lancée en juillet, puis en octobre, mais que sa sortie officielle a été retardée par les polémiques avec les associations de lutte contre l’ice. Le gouvernement prévoit une enveloppe de 400 millions sur 2026 pour aider à financier ces différents acteurs.

  • Le Centre de prévention et de soin des addictions (CPSA) est joignable au 40 46 00 67 ou par email à : secretariat.cpsa@administration.gov.pf pour rendre un rendez-vous anonyme et gratuit.
  • Il est situé 58 rue des Poilus tahitiens à Papeete, au rez-de-chaussée du bâtiment du ministère de la Santé. Le CPSA est ouvert du lundi au jeudi de 7h30 à 15h30, et le vendredi de 7h30 à 14h30.

 

 

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