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Juppé accuse Fillon de bénéficier d'un soutien de l'extrême droite

Paris (AFP) – En pleine escalade des affrontements à l’approche du deuxième tour de la primaire de la droite Alain Juppé a dénoncé les « soutiens d’extrême droite » se portant sur François Fillon et son programme économique « brutal », pourtant pleinement assumé par son adversaire.

Après avoir dénoncé lundi la vision « extrêmement traditionaliste » de la société portée par François Fillon, Alain Juppé a dénoncé mardi soir, lors d’un meeting à Toulouse, « les soutiens d’extrême droite » qui selon lui « arrivent en force » en faveur de François Fillon.

Son équipe a cité en particulier le maire d’Orange Jacques Bompard et Carl Lang, ancien secrétaire général du FN et président du Parti de la France, qui a souhaité dimanche « confirmer au deuxième tour le rejet d’Alain Juppé ». Mais M. Lang a précisé à l’AFP qu’il n’entendait pas voter dimanche.

Une autre groupe d’extrême droite, Riposte laïque, a lancé un appel contre le maire de Bordeaux mardi: « pour contrer le vote musulman, votons Fillon en masse! ».

Plus tôt dans la journée, Alain Juppé avait appelé son adversaire à « clarifier » sa position sur l’avortement.

Le favori des sondages avait en effet dit en juin que « philosophiquement et compte tenu de (sa) foi personnelle », il ne pouvait pas « approuver l’avortement », tout en répétant plusieurs fois depuis lors que « jamais personne et certainement pas moi ne reviendra sur l’avortement ». 

Mardi, c’est notamment sur cette question qu’il a reçu le soutien du président du parti démocrate chrétien Jean-Frédéric Poisson. Répondant à sa demande, M. Fillon a assuré dans une lettre publiée par Le Figaro qu’il « partage totalement » sa volonté de replacer « au cœur des politiques publiques » notamment « la politique familiale » et « l’accueil de la vie », sans évoquer explicitement l’avortement.

En déplacement à Viry-Châtillon (Essonne), s’est indigné que M. Juppé lui prête une ambiguïté sur l’avortement: « Jamais je n’aurais pu penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas! »

« Est-ce qu’une seule fois j’ai pris une position contraire à l’avortement? (…) Que la campagne reprenne sa dignité et qu’on cesse les polémiques qui sont inqualifiables et qui, franchement, abaissent le niveau », a-t-il ajouté.

Alain Juppé (28,5%), seize points derrière François Fillon (44,1%) selon les résultats toujours provisoires au premier tour de la primaire, est bien décidé à mettre « toute la gomme », selon son expression, pour rattraper son retard d’ici dimanche.

Il a également dénoncé mardi soir les « attaques personnelles ignominieuses » et la « campagne dégueulasse » émanant des réseaux sociaux le baptisant « Ali Juppé, grand mufti de Bordeaux ».

– « brutalité » –

Enfin le maire de Bordeaux a attaqué « la brutalité » du programme économique « mal étudié » et qui n’a « pas de sens » de son adversaire, notamment les suppressions de 500.000 postes de fonctionnaires.

Son allié François Bayrou, qui n’exclut pas de défendre son propre projet en cas de défaite d’Alain Juppé, lui a fait écho sur ce thème: « Ce qui me frappe, c’est la brutalité du programme de François Fillon. Et je ne crois pas que la France ait besoin de brutalité », a-t-il dit à l’AFP.

Mais François Fillon s’est affiché sans complexe à cet égard.

« Je trouve singulièrement piquant qu’on m’accuse d’être droit dans mes bottes », s’est-il même amusé devant des millieurs de partisans réunis en banlieue lyonnaise, dans une allusion transparente à la fermeté d’Alain Juppé, alors Premier ministre, face aux manifestations contre sa politique sociale dans les années 1990.

« Si on n’est pas radical maintenant, je me demande quand on le sera ? Je lui réponds que si on ne prend pas tous les risques maintenant, je me demande quand on les prendra ? », a-t-il lancé. 

Après ces rassemblement, la campagne se poursuit dans les médias dès mercredi matin, à la veille de l’ultime débat télévisé entre les deux hommes.

Alain Juppé et son épouse Isabelle Juppé à Toulouse, le 22 novembre 2016. © AFP

© AFP REMY GABALDA
Alain Juppé et son épouse Isabelle Juppé à Toulouse, le 22 novembre 2016

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