ACTUS LOCALESMUNICIPALES Keitapu Maamaatuaiahutapu veut « rétablir le dialogue » à Taiarapu-Est Alexandra Perrini 2026-03-02 02 Mar 2026 Alexandra Perrini ©DR Après avoir été demis de ses fonctions d’adjoint lorsqu’il était conseiller municipal aux côtés d’Anthony Jamet en 2017, Keitapu Maamaatuaiahutapu mène sa propre liste à la mairie de Taiarapu-Est. Ia Hura te Mana, soutien du Tavini, assure vouloir renouer les liens avec les communes associées qui ont été « délaissées » par l’équipe actuelle. Après avoir réglé les problème de l’eau et des déchets, il entend « rétablir entre les travailleurs, les dirigeants et le conseil municipal un dialogue d’apaisement ». C’est un candidat aux multiples compétences. Maître de conférences à l’Université de la Polynésie française et titulaire de plusieurs diplômes en océanographie et technique spatiale, Keitapu Maamaatuaiahutapu est la tête de liste de Ia Hura te Mana pour Taiarapu-Est. Le candidat, anciennement conseiller municipal à la mairie, est un fidèle membre du tavini et se dit « très proche d’Oscar Temaru ». Ministre de la Mer entre 2004 et 2008, il était aux côtés d’Anthony Jamet, le maire sortant actuel, entre 2014 et 2020. En décembre 2017, le conseil municipal de Taiarapu-Est avait voté le retrait des délégations de Keitapu Maamaatuaiahutapu et Antoine Ganivet, premier adjoint du tavana. Un conflit entre Anthony Jamet et ses deux élus avait éclaté un mois avant, à l’occasion d’une demande de « blâme » d’une partie du conseil municipal à l’encontre du maire. Anthony Jamet avait alors choisi de sanctionner Antoine Ganivet et Keitapu Maamaatuaiahutapu, suivi par la majorité au conseil municipal à l’époque. « Réorganiser tous les services« Désormais, Keitapu Maamaatuaiahutapu présente sa propre liste avec comme objectif principal de répondre aux besoins de « ce que la population demande ». Dans son programme, il souhaite d’une part présenter « un cadre de vie agréable » et « un service de proximité un peu plus efficace ». Mais actuellement, « c’est surtout le problème de l’eau et des déchets » qui est au cœur des débats. Plusieurs projets concernent également le travail avec les communes associées – Afaahiti, Faaone, Pueu et Tautira – que l’équipe actuelle a, selon lui, « délaissées ». « Ce n’est pas un reproche » mais un « choix politique » de leur part, assure-t-il. « Je crois que la première étape, lorsque nous serons aux manettes, ce sera vraiment de réorganiser tous les services. Et surtout rétablir, entre les travailleurs, les dirigeants et le conseil municipal, un dialogue d’apaisement. C’est nécessaire aujourd’hui », indique-t-il en ajoutant qu’il faut également mettre en place « un dialogue avec les citoyens ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/KEITAPU1.wav Une « amélioration collective« « Si on veut que la commune avance, il faut que la population s’y mette aussi », assure la tête de liste de Ia Hura te Mana. Il espère s’appuyer sur le bénévolat de plusieurs associations tout en leur donnant « un peu plus de moyens » financiers, voire les « doubler ». Les associations à but non lucratif sollicitent régulièrement un soutien pour le transport, que ce soit pour les clubs sportifs ou pour « les personnes malades ». Quant à la profession de foi établie à partir de « rencontres », la liste de Keitapu Maamaatuaiahutapu propose « un développement à la hauteur des compétences de notre population ». « Les gens ne demandent pas énormément de choses, mais une amélioration collective », remarque le candidat. En parallèle, il souhaite, dans son programme, valoriser la culture locale. « Je pense qu’on est un peu le berceau, peut-être le dernier bastion de Tahiti, avec Tautira où on a des échanges avec Hawaii, notamment avec Hokule’a. J’ai ici dans l’équipe des gens qui veulent faire revivre le Tautira d’avant. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/KEITAPU2.wav « C’était vraiment un village où on sentait cette force de communauté », se rappelle-t-il. Il précise ne pas vouloir un « retour en arrière » mais « ramener l’être humain au centre ». D’après le candidat, la majorité des programmes rivaux ne pensent qu’en termes financiers. À ses yeux, « l’argent viendra s’il y a des projets et non l’inverse ».