ACTUS LOCALESEMPLOITRANSPORTS La grève des contrôleurs aériens va démarrer cette nuit Caroline Perdrix 2025-11-18 18 Nov 2025 Caroline Perdrix La réunion d’hier entre le Service d’État de l’aviation civile et le syndicat USAC-CGT n’a permis aucune avancée sur les sept revendications. Aucune nouvelle réunion n’est programmée aujourd’hui, et le préavis de grève prend effet ce mercredi à minuit. Les vols internationaux et les évasans ne seront pas affectés, mais les vols domestiques pourraient être victimes de retards. Les contrôleurs aériens s’acheminent vers une grève : les discussions avec la direction du SEAC, hier, n’ont abouti à rien, dit Tiarama Lehartel, la responsable du syndicat USAC-CGT. Bien que minoritaire au sein du SEAC, l’USAC-CGT affirme l’être à la tour de contrôle. Le mouvement de grève trouve sa source dans la situation de sous-effectifs. Alors que l’aéroport affiche une augmentation du trafic aérien de 25% depuis 2022, le service de contrôle de la circulation aérienne a vu ses effectifs réduits de 35%, affirme-t-elle. « Nous somme 24, voire 23, au lieu de 36 », et un seul poste supplémentaire est prévu cette année. La tour de contrôle de Tahiti Faa’a gère environ 180 mouvements par jour, 65 000 par an, dont environ 30% sont des survols de notre espace aérien par des vols transpacifiques. Changer Tahiti-Faa’a de catégorie pour avoir un « chef de tour » dédié La plus importante des revendications, dit-elle, est le classement de Tahiti-Faa’a en « liste 5 » – un statut qui permettrait la présence H24 d’un « chef de tour » dédié, alors qu’actuellement le chef de tour remplit aussi les fonctions d’un contrôleur au micro. Une organisation que le syndicat estime « anxiogène » car elle ne respecte pas les temps de repos prévus ni le « droit à la déconnexion » des agents. Tahiti-Faa’a est en liste 6 depuis le 1er janvier 2024, et la liste 5 ne comprend que deux aéroports, Paris-Le Bourget et Strasbourg. Le directeur du SEAC Marc Houalla aurait déclaré au syndicat qu’il était impuissant sur ce point et lui aurait recommande de s’adresser à son bureau national. Or, dit Tiarama Lehartel, « tous les syndicats nationaux ont déjà voté favorablement » ce changement de liste pour Tahiti-Faa’a., et elle affirme que c’est le SEAC de Tahiti qui s’y est opposé en juillet dernier alors que le décret du ministre des Transports était prêt à être publié. Service minimum L’entrée en grève suppose le déclenchement du service minimum, pour lequel le nombre de contrôleurs aériens doit être de 9 par période de 24 heures, au lieu de 12 en temps normal. Mais concrètement, c’est déjà ce qui se passe, dit Tiarama Lehartel, en raison des sous-effectifs. La seule différence, c’est que le SEAC est alors contraint de demander des abattements de trafic. « Je veux rassurer les gens, déclarait ce matin à Radio1 Tiarama Lehartel. Les vols internationaux et les évacuations sanitaires ne seront pas affectés. Mais il pourrait y avoir non pas des annulations mais des changements d’horaires sur certains vols domestiques. »