ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ La Polynésie toujours dans le haut du classement des atteintes à la probité La rédaction 2025-05-02 02 Mai 2025 La rédaction L’Agence française anticorruption (AFA) et le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publient deux études qui s’intéressent aux atteintes à la probité. Elles sont en hausse dans les départements d’outre-mer et la Corse, mais en moyenne pas aussi nombreuses que dans les collectivités d’outre-mer. En Polynésie française, les chiffres sont stables depuis 2016, mais avec 4,3 infractions pour 100 000 habitants le fenua reste dans le haut du classement. Les atteintes à la probité enregistrées par la police et la gendarmerie sur l’ensemble du territoire français sont encore en hausse : +8,2% en 2024, comme en 2023. Les départements d’outre-mer (de 2,5 à 5,5 infractions pour 100 000 habitants, mais avec un record à 9,9 pour Saint-Martin) et à la Corse (6,3 infractions pour 100 000 habitants), restent toutefois à un niveau global inférieur à celui des collectivités ultramarines, où le niveau « n’a pas progressé entre 2016 et 2024. » En Polynésie française, le taux est de 4,3 infractions pour 100 000 habitants et de 2,3 en Nouvelle-Calédonie. La moyenne nationale, elle, est de 1,1 infraction pour 100 000 habitants. Au plan national, la corruption représente 30% des atteintes à la probité, les détournements de fonds publics 22%, et les prises illégales d’intérêts 19%. Le rapport note que moins d’1% des personnes physiques qui sont victimes d’une tentative de corruption dans un cadre professionnel portent plainte. Les procédures pour corruption sont donc principalement ouvertes à la suite d’un signalement par une personne morale ou par un tiers, ou des constatations faites durant les enquêtes des autorités. Un nombre significatif des infractions est lié au trafic de stupéfiants, et relèvent à 59% de la corruption active, à 32% de la corruption passive, et à 9% de détournement de fonds publics, recel et blanchiment. Cependant les magistrats soulignent que la corruption, difficile à caractériser, est rarement retenue pour conduire les poursuites, et que cela « peut conduire à sous-estimer l’ampleur du phénomène. » En revanche, la Polynésie fait bonne figure quand il s’agit de refus d’obtempérer, avec un taux de 3 pour 10 000 habitants, tandis que le « podium » est dominé par la Nouvelle-Calédonie (14 pour 10 000 hab.), suivie de Saint Martin et Saint Barthélémy (13 et 12 pour 10 000 hab.).