ACTUS LOCALESJUSTICEPOLITIQUE L’audition de Gaston Flosse : « Une étape nécessaire dans la recherche de la vérité », dit Me Lau Lucie Rabreaud 2025-10-24 24 Oct 2025 Lucie Rabreaud Philippe Couraud et l’avocat de la famille, Me James Lau, ont réagi ce vendredi à la révélation de l’audition de Gaston Flosse dans l’affaire de la disparition de JPK. Vingt-huit ans après la disparition de cet ancien journaliste, c’était la première fois que l’ancien président du Pays était entendu. « Ce n’est pas une victoire mais une étape importante dans les investigations », dit Me Lau. La famille garde plus que jamais l’espoir d’un procès. C’était la nuit du 15 décembre 1997. Jean-Pascal Couraud, ancien journaliste et opposant politique de Gaston Flosse, disparaissait. Et depuis, il n’y a aucune certitude sur ce qu’il s’est passé. Ses proches ont la conviction qu’il a été assassiné. Cinq personnes ont été mises en examen dans cette affaire : trois membres du GIP, l’ancien chef du service Rere Puputauki, Tutu Manate et Tino Mara, qui est décédé en avril dernier, et l’ex-femme de Jean-Pascal Couraud, Miri Tatarata, et son amant de l’époque, Francis Stein. Ce dossier ouvert depuis 20 ans a connu pas moins de sept juges d’instruction, dont la dernière a été nommée il y a un an. Et c’est elle qui a donc auditionné Gaston Flosse le 13 juin dernier, a révélé l’AFP ce vendredi, première fois que l’ancien président était entendu. Une audition réclamée par la famille depuis longtemps : « Deux ans qu’on avait fait une demande formelle d’audition, précise Philippe Couraud, le frère de JPK. Elle nous apparaissait nécessaire, vu les éléments du dossier qui montrent que Gaston Flosse est un possible instigateur de sa disparition. C’est assez logique qu’il soit entendu. » Ce que confirme l’avocat de la famille, Me James Lau. « Cette audition n’est pas une victoire en soi, évidemment que non, mais c’est une étape importante dans les investigations que la famille demande, depuis un bout de temps. Il me semble normal que cette audition ait lieu, compte tenu du contexte de l’époque et des éléments du dossier. C’est une étape nécessaire dans la recherche de la vérité. Les choses sont d’une logique implacable. À partir du moment où des membres du GIP sont mis en examen pour crime, enlèvement, séquestration, suivi d’assassinat de JPK, qui était le chef du GIP à l’époque ? Il y a une logique qui doit être appliquée. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/JPK-Lau-logique-applique.wav Selon l’AFP, qui a pu consulter le procès-verbal de l’audition de Gaston Flosse, l’ancien président a qualifié JPK d’« opposant violent contre le gouvernement » mais assuré qu’il n’avait jamais été un des objectifs du service de renseignement. Mais il y a déjà des éléments dans le dossier qui affirment l’inverse. Des réponses qui ne sont pas vraiment une surprise pour Me Lau : « Un service a été créé avec des personnes recrutées à la DGSE, qui étaient chargées de créer cette cellule de surveillance. On a espionné tout le monde y compris Jean-Pascal Couraud, qui faisait l’objet de filatures soutenues. Il y avait des surveillances effectuées à l’égard des personnes qui pouvaient gêner le pouvoir en place. La plupart du temps les personnes concernées par des choses qui peuvent leur nuire, c’est de nier. Ce n’est pas une surprise. Il faut laisser les choses se faire. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/JPK-Lau-flosse-nie.wav Cette audition est une première en vingt ans de procédures. Pour Me James Lau, le temps est le problème central de ce dossier : « Tout ce qui est compliqué dans cette affaire, c’est ça : le temps. C’est un vrai problème dans ce dossier et selon certaines époques, les résistances. Je suis obligé de le dire. Même au niveau de l’autorité judiciaire, ça n’a pas toujours été au beau fixe pour chercher les choses comme ça aurait dû être fait. Nous espérons effectivement que les choses s’accélèrent. Cette audition semble être un bon présage. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/JPK-Lau-resistance-bon-presage.wav Désormais la famille espère que la juge d’instruction aboutisse à un dossier « prêt à être jugé ». Philippe Couraud attend de voir : « C’est la juge qui poursuit l’instruction, on n’a pas d’éléments précis à ce stade. Nous, cet espoir d’un procès, ça fait des années et des années qu’on vit avec donc on a toujours ce même espoir. Après, la balle est dans le camp de la justice. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/JPK-Philippe-couraud-espoir-proces.wav