ACTUS LOCALESÉCONOMIE Le BTP progresse de 7,5% en 2024 Nanihi Laroche 2025-10-14 14 Oct 2025 Nanihi Laroche Le chantier de déconstruction et de dépollution des sites rétrocédés d'Arue ©C.R. Selon le bilan de l’Institut de la statistique, 2024 a été une année exceptionnelle pour le secteur du BTP, qui affiche une progression de 7,5 % de son activité par rapport à 2023, pour un chiffre d’affaires global de 76,5 milliards de francs. Une dynamique soutenue par les chantiers des Jeux olympiques, mais freinée par le recul des investissements dû à la hausse du coût des crédits immobiliers qui avait atteint son plus haut niveau depuis 10 ans, avant la baisse observée en 2025. Quand le bâtiment va, tout va. Un adage confirmé par les derniers chiffres de l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF) sur le secteur du bâtiment et des travaux publics en 2024. L’activité de la construction progresse de 7,5 % par rapport à 2023, pour atteindre un chiffre d’affaires global de 76,5 milliards de francs. 4 912 entreprises, soit 143 de plus qu’en 2023 À fin décembre 2024, le secteur totalisait 4 912 entreprises, soit 143 de plus qu’un an plus tôt (+ 2,7 %). Les micro-entreprises (moins de neuf personnes) restent largement majoritaires et représentent 97 % des acteurs de la construction. « Leur nombre progresse pour la septième année consécutive, toutefois le rythme ralentit », avec 158 créations contre 229 en 2023. En revanche, le nombre de petites structures (10 à 49 personnes) recule comparé à l’année d’avant (-15), pour atteindre le nombre de 114 en 2024, tandis que les entreprises moyennes (50 à 199 personnes) et grosses (plus de 200 personnes) restent stables, avec un nombre de 10 et 4. Dynamisés par les chantiers des Jeux olympiques Près de 3 entreprises sur 5 sont identifiées dans les travaux de construction spécialisés : c’est le segment le plus dynamique, dopé par les chantiers liés aux Jeux olympiques. Son chiffre d’affaires progresse de 10,5 % et contribue pour près des deux tiers à la croissance du chiffre d’affaires global du secteur. Suivi par la construction de bâtiments (900 entreprises), avec un chiffre d’affaires stable, et du génie civil (75 entreprises), qui contribuent pour 2,5 points au résultat total, soit 20,3 milliards de francs. Importations en hausse, prix en baisse Pour la première fois depuis 2016, l’index général du BTP recule de 0,8 % en moyenne annuelle. Les prix baissent dans le gros œuvre (- 1,8 %) et les travaux publics (- 0,5 %), après huit années de hausse cumulée de 26 %, dont 17 % rien que ces trois dernières années. En 2024, les importations de matériaux augmentent en volume (+ 3,6 %) et en valeur (+ 3,0 %), mais les prix unitaires reculent (- 0,6 %) pour la première fois depuis 2020. Le ciment (+ 9 %), le bois (+ 10,5 %) et le bitume (+ 48 %) tirent les volumes importés vers le haut, tandis que le fer poursuit son repli (- 19 %). Les prix chutent sur la plupart des intrants du BTP, notamment le bois (- 13 %) et le ciment (- 6 %), et augmentent pour les produits d’équipement et accessoires. Un marché de l’emploi aussi touché par les Jeux olympiques Le secteur compte 5 850 salariés déclarés à la CPS (+ 1 % contre + 2,2 % en 2023) et 5 225 ETP (équivalent temps plein), un chiffre qui progresse constamment depuis dix ans mais à un rythme ralenti en 2024. Porté par les travaux liés aux Jeux olympiques, le nombre de salariés progresse dans la construction spécialisée (+ 0,4 % en 2024) mais aussi dans la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels (+ 1,5 %), et dans la promotion immobilière qui se voit doublée. En revanche, le nombre de salariés se contracte dans le génie civil (- 3,0 %). Néanmoins, la hausse de l’emploi repose uniquement sur les salariés évoluant en heures supplémentaires (+ 6,6 %), « signe d’une hausse d’activité ponctuelle et d’un manque de visibilité à long terme car les salariés à temps complet (- 1,4 %) et à temps partiel (- 0,5 %) se contractent », pour la première fois depuis 2016 pour les temps pleins, précise l’ISPF. Niveau parité, le nombre de femmes augmente (+ 1,9 %), représentant 7,5 % des effectifs. L’âge moyen dépasse aussi pour la première fois les 39 ans. La masse salariale représente 16,9 milliards de francs « Pour la deuxième année consécutive, le salaire horaire progresse plus vite que le nombre d’heures travaillées », indique l’institut. Le salaire moyen dans la construction s’élève à 240 400 francs (+ 3,9 %), avec une progression plus marquée dans les travaux spécialisés (+ 4,6 %). Actuellement les salaires sont les plus élevés dans le génie civil, environ 307 600 francs par mois. Au total, la masse salariale augmente de 5 % et représente 16,9 milliards de francs. Le coût moyen des crédits immobiliers atteint son plus haut niveau depuis dix ans « En 2024, le coût moyen des crédits immobiliers atteint son plus haut niveau depuis dix ans pour s’établir à 3,69 % pour les particuliers et 3,99 % pour les entreprises », rappelle l’ISPF. Sans surprise, les crédits immobiliers pour les ménages chutent de 20 %, pour la troisième année consécutive, pour atteindre 29,4 milliards de francs, le plus bas niveau enregistré depuis sept ans. « La hausse des prix de l’immobilier, des coûts de crédit ainsi que l’absence de dispositif public de soutien à l’investissement restreignent les ménages dans leur capacité d’investissement », indique l’institut. Les entreprises subissent la même tendance : leurs crédits d’équipement reculent de 35 % (contre + 60 % en 2022 et 2023), et leurs crédits immobiliers de 37 % (contre + 10% en 2023). À noter qu’en 2025, les taux d’intérêt ont reflué, et l’activité de prêt bancaire a repris, tant côté entreprises que côté particuliers, où les taux de crédit à l’habitat pointaient ainsi à 3,22% en moyenne au fenua au deuxième trimestre 2025. Avec communiqué.