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Le culte de John Frum, « héros culturel océanien »

Isaac One, chef du mouvement John Frum dans le village de Lamakara sur l’île de Tanna, en 2016. Les adeptes de John Frum portent de vieux uniformes de l’armée américaine pour célébrer le John Frum Day, tous les 15 fevrier. ©Theo Rouby/Hans Lucas.

L’écrivain Pierre Furlan donne vendredi 21 février à la Maison James Norman Hall une conférence intitulée « John Frum, héros océanien dans l’imaginaire occidental ». Le culte de John Frum, né dans les années 30 sur l’ile de Tanna aux Nouvelles-Hébrides, est sans doute le dernier et plus connu des « cultes du cargo ». D’abord symbole de la résistance aux missionnaires, John Frum est devenu un héros culturel océanien.

C’est l’un des épisodes les plus intéressants de l’histoire récente de la Mélanésie. Le culte de John Frum est apparu sur l’ile de Tanna à la fin des années 30, lorsque l’archipel s’appelait encore Nouvelles-Hébrides. Pierre Furlan, auteur d’une dizaine de romans, parmi lesquels Le Rêve du collectionneur, critique littéraire et traducteur, entre autres, de Russell Banks et Paul Auster, sera vendredi soir à la Maison James Norman Hall de Arue pour en parler. C’est en faisant les recherches au Vanuatu pour son ouvrage Le Livre des îles noires qu’il a découvert le personnage de John Frum.

Pierre Furlan ©Lire en Polynésie

« C’est une figure mythique, une sorte de Che Guevara pour certains, le frère ennemi de Jésus pour d’autres, dit-il. Je trouve que ce personnage mérite réellement notre attention, parce que c’est un véritable héros culturel océanien. »  John Frum est une invention, un personnage à la peau claire qui devait arriver d’un pays lointain pour débarrasser Tanna des colons et de leurs interdits, et rendre au peuple les richesses confisquées. L’arrivée des troupes américaines en 1941, vue comme une réalisation de la prophétie, avait consolidé le mythe. Le culte de John Frum perdure jusqu’à aujourd’hui, donnant même naissance à un parti politique.

Les cultes du cargo ont évolué : « Ce ne sont plus des mouvements sociaux contre l’Église et la colonisation. John Frum, bien sûr c’est un sauveur, mais c’est aussi un lutteur, ce n’est pas le bon sauvage qui va accepter l’Européen », dit Pierre Furlan.

  • « John Frum, héros océanien dans l’imaginaire occidental », conférence de Pierre Furlan, vendredi 21 février à 18 heures, Maison James Norman Hall. Réservations sur place, par téléphone au 40 500 160 ou par mail : contact@jamesnormanhall.com
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