ACTUS LOCALES Le maire occitan qui avait « pris le large » au fenua finit par démissionner La rédaction 2025-12-03 03 Déc 2025 La rédaction Formiguières, son église du XIe siècle, sa station de ski, et ses affaires politiques à l'écho national. ©Formiguières Pointé du doigt dans une bonne partie de la presse française pour n’avoir « pas donné de nouvelles » à ses administrés depuis cinq mois mais continué à toucher ses indemnités, Philippe Petitqueux, désormais installé à Moorea, a annoncé sa démission ce mercredi. Le désormais ex-maire de Formiguères, commune de moins de 500 habitants dans les Pyrénées catalanes, en profite pour raconter sa version de l’histoire : celle d’un contexte municipal « intenable », d’un départ « prévu » avec ses équipes, et d’une poursuite de son activité jusqu’à cessation de ses indemnités. C’est une polémique municipale qui a eu un écho national ces derniers jours : Philippe Petitqueux, maire de Formiguères, commune d’Occitanie de moins de 500 habitants « n’a pas donné de nouvelles » depuis cinq mois. France Bleu, le journal local l’Indépendant, puis Le Parisien et toute une partie de la presse française avaient donné, ces derniers jours, la parole à ses adjoints et quelques Formiguerois, qui expliquaient que le premier édile avait « pris le large à Tahiti », d’après certaines pour développer ses projets professionnels. Ou plutôt à Moorea, d’après France Infos, qui avait réussi à contacter l’élu, responsable d’un accrobranche dans sa région d’origine. Il lui était surtout reproché de ne pas avoir démissionné avant son départ, et donc d’avoir continué à toucher son indemnité de maire d’environ 120 000 francs par mois pendant son absence. La préfecture des Pyrénnées-orientales avait déjà autorisé le conseil municipal à suspendre ces indemnités. Mais ça ne sera visiblement pas la peine : Philippe Petitqueux a fini par annoncer qu’il démissionnait ce mercredi et raconte au passage, dans les pages du journal Le Parisien, sa version de l’histoire. Celle d’une fin de mandature difficile marquée par des démissions, et de violentes oppositions au sein du conseil municipal, un climat « intenable »… Formiguères, après avoir échoué à voter un budget l’année passée, avait été placée sous tutelle de l’État en juin 2024. Des signalements de l’opposition à la chambre régionale des comptes avaient suivi, début 2025 pour contester la sincérité du nouveau budget. Les équipes techniques et administratives avaient aussi vacillé, dans cette municipalité touristique et pleine de projet d’équipements, qui fait partie du parc régional Pyrénées catalanes, et qui dispose d’une station de sports d’hiver. « Fatigué », le premier édile explique que son départ pour la Polynésie n’était en rien « précipité », mais plutôt « exploité à des fins politiques ». Ce départ « a été prévu et réfléchi, évoqué dès le printemps avec mon équipe (…) En juillet, face au climat intenable, j’avais même proposé ma démission, assure-t-il au quotidien français. Mais nous avons préféré, avec mon équipe, mettre en place une période de transition afin d’assurer l’aboutissement de projets importants. Nous avons alors mis en place une organisation : je restais maire tandis que le 2e adjoint reprenait les responsabilités opérationnelles. » Le désormais ex-maire assure aussi, depuis Moorea, n’avoir pas touché d’indemnités depuis septembre, et qu’elles correspondraient bien à la période « durant laquelle il a effectivement continué à travailler ». Il annonce tout de même officiellement sa démission pour « clarifier définitivement la situation avant la période électorale ». On comprendra que Philippe Petitqueux n’est pas candidat au scrutin du mois de mars.