ACTUS LOCALESTOURISMETRANSPORTS Le P-Dg d’Air Moana bientôt au conseil d’administration d’Air Tahiti Nui Caroline Perdrix 2025-03-23 23 Mar 2025 Caroline Perdrix C’est l’un des points de l’ordre du jour de la Commission de contrôle budgétaire et financier (CCBF) prévue ce lundi 24 mars : une modification de la composition du conseil d’administration d’Air Tahiti Nui, dans lequel Warren Dexter doit remplacer Jordy Chan, mais aussi il est aussi question d’y faire entrer Lionel Guérin, P-Dg d’Air Moana. Un faire-part de fiançailles entre les deux compagnies ? Alors que le premier collectif budgétaire de 2025 annonce un nouveau soutien à Air Moana – un prêt de 600 millions de Fcfp et une garantie du Pays pour un emprunt de 9 milliards destiné à l’achat de trois nouveaux ATR une fois que le Pays aura pris une participation minimale à son capital – la Commission de contrôle budgétaire et financier (CCBF) qui se réunit ce lundi 24 mars doit aborder, en présence du président du Pays, un changement dans la composition du conseil d’administration d’Air Tahiti Nui : l’entrée du ministre de l’Économie Warren Dexter qui va remplacer Jordy Chan, et celle de Lionel Guérin, P-Dg d’Air Moana depuis décembre dernier. Un prochain conseil d’administration d’ATN sera consacré, début avril, à ces modifications qui complètent le plan de changement de gouvernance de la compagnie au tiare, et dans lequel Hiro Arbelot est pressenti pour devenir président du conseil d’administration et Philippe Marie, actuel P-Dg, directeur général. Le Pays semble ainsi d’avis qu’Air Tahiti Nui pourrait ainsi bénéficier de l’expertise d’un homme issu de la galaxie Air France, qui a dirigé deux des filiales de la compagnie nationale, Transavia et Hop !. L’annonce de son arrivée au conseil de la compagnie au tiare, et l’ampleur du soutien financier du Pays à Air Moana qui est une entreprise privée, peuvent aussi préfigurer l’entrée d’ATN au capital d’Air Moana. Un soutien qui interroge alors qu’Air Tahiti est en mauvaise posture, et ATN pas sorti d’affaire Un scénario qui interroge. Certes, la trésorerie d’Air Tahiti Nui reprend des couleurs, avec un prix du baril de jet fuel en baisse, la baisse des rotations d’United Airlines et l’abandon de la desserte de Tahiti par Delta. Mais l’entreprise affiche 15 milliards de dette cumulée, et on se souvient que le président du Pays demandait surtout à la direction, depuis son arrivée au pouvoir, de trouver des partenaires internationaux capables d’apporter de l’argent frais, plutôt que des partenaires locaux eux-mêmes en déséquilibre financier. De son côté, Air Tahiti siège déjà au conseil d’administration d’ATN (elle détient 3,43% du capital de la compagnie au tiare) et sa situation n’est pas exactement brillante puisqu’elle affiche 2 milliards de déficit à fin 2024. Le prix, notamment, de la guerre tarifaire qu’elle a menée contre Air Moana. La présence au sein d’ATN des deux compagnies domestiques rivales promettrait alors des conseils d’administration sportifs. Nul doute que la CCBF écoutera attentivement le président du Pays. En octobre de l’année dernière, lorsque l’assemblée avait voté une subvention exceptionnelle de 3,2 milliards à Air Tahiti Nui, son président Tony Géros assurait qu’il ne s’agissait pas d’un « chèque en blanc » et se disait impatient de voir le plan stratégique de redressement promis par le gouvernement.