ACTUS LOCALESTOURISMETRANSPORTS Des amendes forfaitaires contre le mouillage illégal des voiliers La rédaction 2025-05-23 23 Mai 2025 La rédaction Lors de sa récente visite à Paris, Moetai Brotherson a relancé l’État sur les outils répression du mouillage illégal dans les lagons du fenua. Une loi de Pays doit ouvrir la voie à des amendes forfaitaires, plus rapide et plus dissuasives que les longues procédures actuelles, mais elle nécessite d’abord un « avis et décret du Premier ministre ». Le président explique aussi que le Pays va « très bientôt diminuer la durée de séjour des bateaux en transit, à l’exclusion des super-yachts ». L’idée est de « s’assurer qu’il y ait moins de voiliers qui viennent squatter des places légales de mouillage », « et qu’il y en ait plus pour les locaux ». Décourager les mouillages sauvages. C’est un objectif déjà affirmé du gouvernement, et sur lequel Moetai Brtoherson a cherché à avancer lors de sa récente mission à Paris. Reçu au ministère de la Justice, par Marie Guevenoux, ancienne secrétaire d’état aux outre mer aujourd’hui conseillère spéciale du Garde des Sceaux Gérald Darmanin, il a ainsi réclamé à nouveau la possibilité de délivrer des « amendes forfaitaires » à ces navigateurs qui pose lors ancre des zones non autorisées. C’est qu’il est aujourd’hui impossible de les verbaliser rapidement : « On a deux services qui ont des agents assermentés, c’est la DPAM et la DEQ. Ils peuvent aller faire ces constats et verbaliser. Il y a aussi les polices municipales qui peuvent faire ces constats. Le constat c’est bien mais tant que la personne n’a pas payé d’amende pour l’infraction, il ne se passe pas grand-chose ». Et c’est justement là le problème. Une fois le constat fait, l’information est transmise au procureur « qui a bien d’autres sujets à traiter » et finalement, « dans la réalité, il n’y a jamais de paiement de ces infractions », explique le chef du gouvernement qui rappelle que ces amendes forfaitaires sont déjà pratiquées, par exemple, pour les infractions liées à la consommation de cannabis. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/MOETAI-VOILIER-demande-etat-decret.wav Il avait déjà saisi le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, sur ce sujet au mois de janvier et il attend sa réponse car il faut « l’avis et un décret du Premier ministre » avant de pouvoir proposer une loi du Pays. Ce que le gouvernement prévoit de faire dès qu’il aura la réponse de l’État. Raccourcir la durée de passage des bateaux en transit Les navires en mouillage illégal font régulièrement parler d’eux. Récemment, le Port autonome était devant le tribunal administratif pour demandant l’expulsion de trois voiliers qui ont posé leur ancre depuis de longs mois, en baie de Vairai, à Punaauia, ignorant les mises en demeure de l’établissement public, qui gère la zone. Lors de l’audience, certains des propriétaires, qui vivent sur leur bateau, mais travaillent à terre au fenua, avaient expliqué ne pas avoir d’autres options que cette installation sauvage, à défaut de trouver de la place ailleurs. La chasse aux mouillages illégaux cacherait donc un problème plus profond de manque de places dans les marinas, d’infrastructures d’accueil pour les voiliers, et de corps-mort dans les zones de mouillage autorisés. Interrogé sur ces carences, Moetai Brotherson fait la distinction entre différents bateaux : les voiliers des professionnels du charter qui ont besoin de mouillage pour leur activité et qui « créent de l’emploi avec leur activité », les plaisanciers locaux, qu’ils aient besoin de mouillages temporaires pour leurs déplacements de loisir ou qu’ils vivent sur leurs bateaux, et enfin les navigateurs « en transit ». À entendre le président du Pays, c’est sur cette dernière catégorie qu’il faut agir. « Il y en a trop, de ces bateaux en transit, ce qui crée justement la rareté des places. Donc, nous allons très bientôt diminuer la durée de séjour des bateaux en transit, à l’exclusion des super-yachts, pour s’assurer qu’il y ait moins de bateaux qui viennent finalement squatter des places et qu’il y en ait plus à l’inverse pour les locaux. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/05/MOETAI-VOILIER-plus-place-locaux.wav Pour ceux qui finalement s’installent en Polynésie tout en restant vivre sur leur bateau, le président du Pays souhaite qu’ils soient « régularisés » et que comme n’importe quel résident, ils « participent à la vie fiscale de la commune et du Pays ».