ACTUS LOCALESÉCONOMIE Le potentiel économique des terres rares remis en cause Lucie Rabreaud 2016-05-06 06 Mai 2016 Lucie Rabreaud La restitution de l’expertise collégiale sur les ressources minérales profondes en Polynésie avait lieu vendredi matin en présence des autorités du Pays et de l’Etat. L’expertise menée par l’Institut de recherche et développement ( IRD) dresse un diagnostique « nuancé ». La quantité de terres rares et de nodules polymétalliques est insuffisante pour « présenter une intérêt économique ». Ce vendredi matin plusieurs personnalités dont, le ministre de la Santé, Patrick Howell, le ministre de l’Economie bleue, Teva Rofritsch, le haut-commissaire, Lionel Beffre, et plusieurs élus de l’assemblée ont assisté à la restitution d’une expertise collégiale sur les ressources minérales profondes en Polynésie française. Le diagnostic est « nuancé » comme l’explique l’IRD qui coordonnait cette recherche, commanditée conjointement par l’Etat et le Pays. Le collège d’experts a constaté « qu’il n’y a pas de terres rares ni de nodules polymétalliques en quantité suffisante pour présenter un intérêt économique en Polynésie française ». Mais ce collège souligne aussi « le potentiel de classe mondiale des encroûtements polymétalliques riches en cobalt de la ZEE de la Polynésie française ». Seuls ces derniers minéraux, situés entre 800 et 4 000 mètres de profondeur dans des zones de montagne sous-marines, présentent un intérêt potentiel. Ils sont riches en cobalt mais contiennent également du nickel, du manganèse, du titane et du platine. Le ministre de la Santé, Patrick Howell et les scientifiques ont insisté sur le risque environnemental lié à l’exploitation de ces minéraux. Une précision a également été apportée sur le statut juridique de ces matières : la Polynésie française est compétente sur l’ensemble des ressources minérales identifiées. Cette expertise est un premier pas sur ce sujet, il faut « développer les connaissances », aujourd’hui encore insuffisantes même si ce rapport répond à de premières questions. Il s’agit « d’élaborer une vraie stratégie économique sur le long terme ». Un ouvrage, publié par l’IRD, synthétise les résultats.