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Le Terevau en liquidation : « Tout le monde est perdant dans cette histoire »

« C’est une réalité difficile à accepter : l’aventure Terevau, commencée en 2012, s’arrête ici », a commenté Frédéric Faura, le gérant de la société d’exploitation du Terevau, au sortir de l’audience du tribunal de commerce qui a prononcé sa liquidation. Ni son plan de continuation ni la proposition de reprise de la société Vaeara’i n’ont présenté les garanties nécessaires à la remise à flots du bateau, déjà à quai depuis plusieurs mois. Ses 35 salariés vont être licenciés pour motif économique et les actifs de la société, dont la navette rapide, vont être vendus au plus offrant. Un « choc », une « décision dure », a pour sa part commenté Tino Fa Shin Chong, gérant du Vaeara’i et toujours actionnaire du Terevau, dont il avait été le premier capitaine. « Tout le monde est perdant dans cette histoire. »

Le sursis accordé le mois dernier au Terevau n’aura pas suffi à le sauver. Au terme d’une audience à huis clos qui a duré près de trois heures, le tribunal mixte de commerce a finalement prononcé, ce lundi midi, la liquidation judiciaire de la société exploitant le Terevau, mettant un terme aux espoirs de reprise de l’activité du navire. Ce dernier, qui assurait la liaison entre Tahiti et Moorea, était à l’arrêt de façon quasi continue depuis le 21 novembre et en redressement judiciaire depuis le 8 décembre.

Le 9 mars, un plan de continuation déposé par Frédéric Faura, le gérant de la SNGV 2 qui exploitait le navire, ainsi qu’une une proposition de reprise émanant de la société Vaeara’i avaient été examinés par le tribunal de commerce. Celui-ci avait demandé le renvoi de l’affaire à ce jour afin de laisser le temps aux banques d’examiner les demandes d’emprunt des deux parties.

Mais, au terme de ce délai d’un mois, ni la SNGV 2 ni le Vaeara’i n’a pu apporter de garanties suffisantes pour sauver le Terevau, ce qui a conduit le tribunal à en prononcer la liquidation, faute d’alternative selon maître Mourad Mikou, avocat de la société Vaeara’i : « Le tribunal de commerce avait la possibilité d’homologuer un plan de redressement de l’activité qui nécessitait, pour les actionnaires actuels du Terevau, de remettre de l’argent. Mais, à défaut de financement complémentaire, ce plan ne pouvait être homologué. Une deuxième option était de faire droit à un plan de cession proposé par ma cliente. Malheureusement, le tribunal n’a pas pu retenir ce plan de cession qui était conditionné à un accord avec les parties prenantes au dossier. Faute d’accord entre elles, le tribunal n’a pas pu suivre ce plan de cession. »

« Tout le monde est perdant »

Un coup dur pour les exploitants mais surtout pour les 35 salariés du Terevau. « C’est une réalité difficile à accepter : l’aventure Terevau, commencée en 2012, s’arrête ici« , écrit ainsi la société d’exploitation sur sa page Facebook. « Au moment de refermer cette page, nos pensées vont d’abord vers celles et ceux qui ont fait vivre le Terevau au quotidien. Derrière ce nom, il y a des visages, des parcours, des histoires. Il y a surtout un engagement sans faille, une solidarité dans les moments les plus incertains, et une fierté partagée d’avoir tenu, ensemble, jusqu’au bout. Rien de tout cela ne disparaît. » Le gérant Frédéric Faura adresse ainsi « un immense māuruuru » aux « passagers, partenaires, amis« , pour « leur soutien, leur patience et leur attachement à cette compagnie qui aura marqué le lien entre Tahiti et Moorea », et bien sûr à l’ensemble des collaborateurs.

Les salariés vont maintenant être convoqués un à un par le liquidateur judiciaire afin de se voir notifiés leur licenciement pour motif économique. Les actifs de la société, parmi lesquels le navire, qui avait été lancé en 2012 sur la ligne Tahiti-Moorea, vont quant à eux être vendus au plus offrant.

Tino Fa Shin Chong, capitaine et gérant du Vaeara’i , également actionnaire du Terevau, dont il avait été le premier capitaine, avait lui aussi le visage fermé au sortir de l’audience. Il a déclaré s’être « battu » durant tout le processus judiciaire, qui a duré trop longtemps. « Même nos avocats ont trouvé cette audience un peu longue pour prendre une décision comme ça, à la fin, une décision dure pour les salariés », déclare-t-il. « C’est un choc pour eux quand ils vont apprendre ça. Tout le monde est perdant dans cette histoire. »

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Jt Vert 14/04/2026

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