ACTUS LOCALESSOCIAL

Les discussions avancent mais la pénitentiaire reste mobilisée

Quelques palettes et des pneus pour barrer l’entrée de la prison de Faa’a… Un blocage symbolique organisé par FO Justice qui, après avoir rassemblé ses partisans devant le Haut-commissariat, a choisi de poursuivre la mobilisation devant l’établissement. Et si, selon le syndicat, les discussions avancent dans le bon sens, trois points bloquants restent à régler. L’objectif : rappeler à la direction que le dialogue doit se poursuivre.

Après s’être mobilisé samedi dernier devant le Haut-commissariat pour dénoncer les conditions de travail et un climat social jugé « dégradé », FO Justice a choisi de maintenir la pression. Ce vendredi après-midi, le syndicat s’est installé devant l’entrée de la prison de Nuutania. Quelques palettes, un chapiteau et une ambiance conviviale, presque festive… un rassemblement pacifique pour rappeler que les négociations doivent se poursuivre. Il faut dire que lundi soir, la direction avait ouvert la porte aux discussions pendant deux heures. « Il devait rendre compte à Paris et nous donner les arbitrages. Il nous a appelé pour nous les donner et les a mis par écrit. À notre tour, on a fait des observations. Et quand on a voulu le revoir, la directrice adjointe nous a dit qu’il était parti en congés mercredi, explique Karl Manutahi, secrétaire général régional de FO Justice. Pour nous, c’est une forme de mépris. Quand tu es à une table de négociation, tu mets tes congés de côté, tu règles le problème et tu pars après. »

Trois revendications principales non résolues

Surtout qu’à entendre le syndicaliste, les discussions allaient plutôt dans le bon sens. Sur les 17 revendications initiales, il n’en reste plus que trois à régler. Parmi elles, le cas d’un agent basé à Raiatea, en convalescence après une longue maladie, et à qui l’on demande de revenir travailler à Tahiti. « Ils veulent qu’il laisse toute sa vie, sa famille là-bas ? Je ne comprends pas cette histoire », reprend Karl Manutahi. FO Justice dénonce aussi les horaires de travail excessifs des agents du centre de peine aménagée. « Logiquement, nos personnels travaillent une longue journée de 13h15. La nuit, ils font une amplitude de 12h15. Quand on calcule, ça dépasse de deux heures. Au lieu de 24 heures, ils en font 26. Ces deux heures, ils veulent nous les retirer alors qu’on avait un accord avec les précédentes directions », explique le syndicaliste. Selon lui, un agent supplémentaire est nécessaire. « Pour que ça puisse tourner efficacement, il faudrait qu’ils soient 13. Or, là, ils ne sont que 12 », dit il encore rappelant au passage que « des jeunes agents formés en métropole attendent toujours leur affectation en Polynésie”. À défaut de pouvoir faire grève – leur statut l’interdit – FO Justice promet d’autres actions ponctuelles pour se faire entendre.

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