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« L’obésité n’est pas une fatalité »

C’est le constat du professeur Lluis Quintana-Murci et du docteur Van-Mai Cao-Lormeau de l’Institut Malardé. Ils ont présenté les résultats de l’étude Mataea, qui a porté sur près de 2 000 Polynésiens dans 18 îles, et elle prouve qu’on ne peut pas lier obésité et génétique. Et le professeur Lluis Quintana-Murci, directeur de l’Unité de génétique évolutive humaine à l’Institut Pasteur de Paris, l’assure : « Si on mangeait du saumon au four et des brocolis, il n’y aurait pas d’obésité. »

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L’étude Mataea menée par l’Institut Malardé en partenariat avec l’Institut Pasteur de Paris, l’hôpital, l’Université et l’Institut de la statistique de la Polynésie française, et, en phase d’analyse, avec l’Arass, a été présentée hier aux autorités et à la presse. Une conférence est prévue ce soir pour le grand public. Le constat n’a pas été une surprise : 78 % de la population est en surpoids, 52 % est obèse, 40 % des hommes souffrent d’hypertension, et une personne sur quatre ignore qu’elle est diabétique.

Mais l’intérêt de l’étude était aussi de montrer s’il y avait un lien ou non entre cet état de santé et des facteurs génétiques. Les premiers résultats montrent que non, explique le professeur au Collège de France et directeur de l’Unité de génétique évolutive humaine à l’Institut Pasteur de Paris, Lluis Quintana-Murci : « Les Polynésiens ont un terrain génétique qui les rend un peu plus à risque pour l’obésité, mais ce n’est pas une fatalité. On n’a pas trouvé de mutations avec un effet fort sur l’obésité. Les Polynésiens ne peuvent pas dire : malheureusement, j’ai un profil génétique qui va me rendre d’une façon déterminante obèse. Non. La génétique augmente un peu le risque, mais je vous assure que si vous mangez du saumon au four et des brocolis, il n’y aurait pas d’obésité. »

Ces études sur la génétique ont permis aussi de déterminer qu’il y avait 16 mutations génétiques chez les Polynésiens. Et certaines ont un effet important sur les niveaux de lipides dans le sang mais ils vont dans un sens et dans l’autre. Autrement dit, chez certains ils favorisent le bon cholestérol et chez d’autres le mauvais. Les chercheurs constatent donc l’importance « énorme » du mode de vie, ce qui signifie qu’on peut agir.

Et justement, que va-t-il se passer maintenant ? L’étude est là, disponible avec tous ces chiffres. « On sort de ces études des indicateurs qui vont apporter à la santé publique et aux autorités de santé des informations nouvelles qui sont basées sur les dernières tendances scientifiques ou les derniers concepts scientifiques, pour que les autorités aient en main toutes les données pour pouvoir prendre les bonnes décisions. En tant que chercheurs, on propose, et le pays dispose. Mais plus les données seront claires, plus ils auront des informations précises, plus ils seront à même d’intervenir. Et puis en même temps, le fait de les communiquer auprès de la population, ça peut aussi aider à faire comprendre à la population les mesures qui sont potentiellement proposées ensuite. »

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