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Malgré le recul du tourisme, la demande intérieure soutient l’économie

Selon l’ISPF, la conjoncture économique polynésienne continue de progresser au premier trimestre 2026, mais le moteur de l’activité évolue. Alors que la fréquentation touristique recule, les entreprises tournées vers la demande intérieure prennent le relais, portées notamment par la construction, les investissements et un marché de l’emploi toujours dynamique. La consommation des ménages, elle, montre des signes de ralentissement.

Derrière le recul du tourisme, la demande intérieure devient le principal moteur de l’activité. C’est le principal enseignement des derniers Points de conjoncture publiés par l’Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF). Au premier trimestre 2026, le chiffre d’affaires des entreprises, hors banques et assurances, progresse de 3,2 % par rapport à la même période de 2025. Cette hausse est essentiellement portée par les entreprises non touristiques (+3,5 %), qui contribuent à 2,9 points de cette évolution. À l’inverse, les entreprises caractéristiques du tourisme n’y contribuent qu’à hauteur de 0,3 point.

La construction tire l’activité

Cette dynamique repose avant tout sur quelques secteurs particulièrement porteurs.

Le chiffre d’affaires de la construction bondit de 15,5 % sur un an. Selon l’ISPF, cette progression peut notamment s’expliquer par les travaux engagés dans le cadre des Jeux du Pacifique, conjugués à une demande soutenue des ménages dans la construction. Les activités de transport et d’entreposage progressent également de 10 %, tandis que le commerce enregistre une hausse plus modérée de 1,3 %. Ce dernier représente à lui seul près de la moitié du chiffre d’affaires des entreprises polynésiennes.

L’activité de l’entreposage progresse de 23,1 %, en lien avec la hausse des importations, qui augmentent de 2 % en valeur et de 1,3 % en volume.

Le tourisme recule après une année record

En parallèle, la fréquentation touristique marque le pas après les records enregistrés en 2025.

Au premier trimestre, le nombre de touristes recule de 6,4 % sur un an, avec 50 900 visiteurs accueillis entre janvier et mars. Les effectifs en hébergement terrestre marchand diminuent de 4,9 %, tandis que les segments flottants reculent de 12,2 %. Cette baisse se répercute sur l’hôtellerie internationale, dont les ventes diminuent de 15,2 %.

Le recul du marché nord-américain pèse particulièrement sur ces résultats. Cette clientèle, qui représente toujours 50 % des touristes en hébergement terrestre marchand, enregistre une baisse de 13,9 %. Le marché hexagonal recule également de 4,8 %, tandis que les clientèles européennes (+27,2 %) et du Pacifique (+4,9 %) progressent.

L’inflation poursuit son ralentissement

Autre indicateur favorable, le rythme de l’inflation continue de ralentir.

Entre mars 2025 et mars 2026, l’indice des prix à la consommation recule de 0,2 %. Les prix des transports baissent de 3,1 % et ceux de l’alimentation de 0,4 %, tandis que les services poursuivent leur hausse (+1,4 %).

Un marché du travail toujours bien orienté

Le nombre moyen de salariés progresse de 2,4 % sur un an pour atteindre 76 100 salariés, tandis que les effectifs en équivalent temps plein (ETP) augmentent de 2,8 %, à 66 800 ETP. Le secteur de la construction concentre plus de la moitié des créations d’emplois observées au cours du trimestre. Au total, la masse salariale distribuée progresse de 3,9 %, pour atteindre 73,1 milliards de francs.

Les ménages consomment, mais moins vite

L’ISPF observe toutefois un changement de rythme du côté des ménages.

Les importations de produits alimentaires reculent de 6,7 % en volume et celles des biens de consommation de 2 %, des évolutions qui laissent présager un ralentissement de la consommation, même si le chiffre d’affaires du commerce de détail continue de progresser légèrement. L’institut évoque également de possibles arbitrages des ménages entre achats de biens et de services, biens durables et non durables ou encore dépenses nécessaires et dépenses de loisirs, qui pourraient contribuer à cette évolution.

Les investissements progressent fortement

À l’inverse, les investissements des ménages et des entreprises restent soutenus.

Profitant d’un coût moyen du crédit en baisse de 17 % sur un an pour les particuliers, les crédits à l’habitat bondissent de 27 %, pour atteindre 8,6 milliards de francs. Les entreprises investissent elles aussi davantage : les crédits immobiliers progressent de 218 % et les crédits à l’équipement de 85 % par rapport au premier trimestre 2025. Cette dynamique se traduit notamment par une hausse de 7,3 % des importations de biens d’équipement.

Les exportations pénalisées par la perle

Le tableau est en revanche beaucoup plus contrasté du côté des exportations.

Les recettes des exportations de produits locaux chutent de 44,5 % sur un an, à 2 milliards de francs, principalement en raison de la forte baisse des exportations de perles de culture brutes (-62,8 % en valeur et -61,2 % en volume). À l’inverse, les exportations de poissons progressent de 18,2 % en valeur et de 16,5 % en volume, essentiellement vers les États-Unis. Les exportations de vanille diminuent quant à elles de 11,1 % en valeur, malgré une hausse de 12,8 % du prix au kilogramme.

Le bilan dressé par l’ISPF montre une économie polynésienne dont l’activité continue de progresser, mais avec des moteurs qui évoluent. Si la fréquentation touristique recule après une année 2025 exceptionnelle, la demande intérieure, portée par la construction, les investissements et un marché du travail dynamique, soutient l’activité économique. Dans le même temps, la consommation des ménages ralentit progressivement et les exportations demeurent pénalisées par le recul de la filière perlière.

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