ACTUS LOCALESÉCONOMIE Mauvaise passe pour les exportations de perles et de poissons Charlie Réné 2026-01-02 02 Jan 2026 Charlie Réné Les chiffres des exportations polynésiennes au troisième trimestre 2025 sont décevants. La perle, qui connaissait un excellent début d’année, a vu ses prix sur le marché baisser de près de 30% et ses ventes s’amoindrir dans les mêmes proportions sur la période. Ce qui ne l’empêche pas de faire mieux, sur les neufs premiers mois de 2025, que l’année précédente, avec plus de 6 milliards de francs de ventes à l’étranger. Les exportations de poissons et crustacés, elles, sont en sévère retrait, et sur toute l’année. Comme celles de la vanille qui perd près d’un quart de son marché. Toujours, de loin, la première filière d’exportation du fenua, la perle a traversé une mauvaise passe au troisième trimestre 2025. Les chiffres tout juste publiés par l’ISPF montrent un recul des ventes à l’étranger de 19% en valeur entre de juin à septembre par rapport à la même période l’année précédente. La baisse en volume est moins importante mais les cours de la perle de Tahiti se portent mal : le prix au gramme de perles de culture brutes était à 590 francs à cette période, soit 28% de moins que l’année précédente. Fort heureusement, et après une année 2023 historique pour la filière (17,9 milliards de francs de vente, grâce à boom très passager sur le marché chinois) et une année 2024 de normalisation (7,3 milliards, tout de même en hausse par rapport aux 6,2 de 2022), l’année 2025 avait bien commencé. +40% de vente au premier trimestre, +50% au second… Des hausses que le mauvais troisième trimestre n’efface pas complètement : sur les neuf premiers mois de l’année, en cumul, les exportations de produits perliers ont augmenté d’environ 30% par rapport à 2024, pour représenter 6,1 milliards de francs. Les chiffres de 2025, qui ne devraient être publiés que d’ici quelques mois, seront donc probablement positifs pour la filière perle… Contrairement à ceux des exportations de poissons et crustacés, qui enchaînent les mauvais résultats. -30% au premier trimestre, -50% au deuxième, et maintenant -30% entre juin et septembre, le tout par rapport à une année 2024 qui était tout juste à l’étal par rapport à 2023. Les freins au commerce international de l’ère Trump sont passés par là, mais le niveau d’exportation ne veut pas dire que la filière pêche se porte mal : les trois quarts des ventes, en 2024, se faisaient sur le marché local. Les poissons et crustacés ont pesé 1,15 milliard de francs à l’export sur les neuf premiers mois de l’année L’ISPF mesure des variations très distinctes pour les autres filières d’exportation, avec des voyants au vert pour le noni (+23% entre janvier et septembre par rapport à la même période en 2024), mais au rouge pour la vanille (-22%, à 370 millions de francs sur 9 mois) pourtant en plein effort de reconnaissance internationale, le monoï (-26%, 155 millions sur neuf mois) et la nacre (-9,8%, 107 millions de francs). Les importations civiles, elles, sont stables. Pas grâce aux produits pétroliers, qui ont représentés 18 milliards de francs d’achat sur les neuf premiers mois de l’année, un chiffre tiré de 33,3% vers le bas du fait d’une baisse de cours mondial. Mais les importations d’entreprises (79 milliards, +5,3%) et destinées aux ménages (88 milliards, +5,8 milliards) viennent compenser.