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Mieux financer le secteur privé polynésien : un colloque sous l’égide de la Fedom

La Fedom organise mercredi, avec le Medef et la CCISM, un séminaire sur les besoins de financement des entreprises ultramarines. Un état des lieux, et une mise à jour des connaissances sur les outils que les entrepreneurs ont à leur disposition, aux plans local, national et européen, mais qui sont parfois sous-utilisés. Rencontre avec le président de la Fedom, Hervé Mariton.

Deux ans après sa dernière visite en Polynésie française, sur le thème de la transition énergétique, le président de la Fédération des entreprises d’Outre-Mer (FEDOM) Hervé Mariton est de retour, cette fois pour un colloque sur « Les enjeux du financement du secteur privé en Polynésie française : quelles réponses opérationnelles à apporter ? ». L’événement se tient ce mercredi de 8 heures à 13 heures à l’hôtel Hilton Tahiti. Warren Dexter sera présent à l’ouverture, Moetai Brotherson à la clôture, et entre les deux les participants entendront les représentants des banques, des compagnies d’assurance, des structures de financement alternatives, des défiscaliseurs, de l’IEOM, du Haut-commissariat, de la DICP, de la DGAE et du SEFI.

L’objectif est de faire un tour d’horizon des outils de financement dont les entreprises peuvent se saisir, et de leur adéquation à la Polynésie.  Les entreprises ultramarines sont souvent sous-capitalisées, avec des besoins importants en fonds de roulement pour constituer des stocks dans un contexte d’éloignement, et peuvent être considérées comme risquées par les investisseurs extérieurs. Pour autant, dit Hervé Mariton, « je connais un certain nombre de fonds d’investissements qui seraient prêts à investir en outre-mer.» Les entreprises polynésiennes ont à leur portée « des outils locaux, plus ou moins développés, et des outils nationaux, plus ou moins adaptés et plus ou moins mobilisés, dit Hervé Mariton. Il faut aussi se pencher sur les financements européens « dont nous pensons que les entreprises ne tirent pas pleinement profit. »

La défiscalisation nationale à prolonger au-delà de 2029

Il sera bien entendu question de défiscalisation nationale, dit Hervé Mariton qui rappelle que la Fedom avait obtenu sa prolongation jusqu’en 2029. Moetai Brotherson, qui a limité l’enveloppe de la défiscalisation locale, et qui l’a reçu ce lundi, a évoqué sa volonté de voir la capacité hôtelière augmentée, notamment par la réhabilitation d’anciens hôtels. Mais sur ce point, le temps presse, rappelle le président de la Fedom : « Construction neuve, il suffit d’avoir posé les fondations ; réhabilitation, il faut avoir terminé » avant la date butoir. La Fedom devra donc continuer à défendre la défiscalisation au-delà de 2029.

Mais, précise Hervé Mariton, ça pourrait bouger bientôt, en tout cas pour les projets hôteliers sur du foncier privé : une des nouveautés de la défiscalisation nationale depuis l’année dernière est que l’achat du foncier est également éligible à ce dispositif.

Numérique : pas dormir

Le président du Pays a aussi évoqué « tous les projets qui peuvent tourner autour de l’arrivée des câbles de Google ». Mais là encore, si Hervé Mariton a une impression favorable de l’agilité de la French Tech au fenua, « tout le monde est loin de maitriser tous les éléments de ce que peut apporter Google sur le territoire. En termes de développement d’entreprises, ça peut apporter beaucoup de choses si on s’y prend bien », et des financements sont disponibles, « et ça peut apporter peu de choses si on s’y prend mal et si on dort. »

Banques et administrations trop lentes ?

La rapidité et l’agilité sont aussi un sujet pour les banques de la place, dit Hervé Mariton. Adossées à de grandes banques françaises, nos banques locales peuvent avoir la surface financière nécessaire pour les grands projets en Polynésie, même si elles doivent remonter leurs dossiers en métropole. Mais il prend pour exemple la construction : quand leurs délais s’ajoutent aux délais causés par l’application du droit de l’urbanisme local, c’est la croissance du pays qui s’en trouve ralentie, dit-il.

L’administration française n’est pas en reste, dit Hervé Mariton, particulièrement concernant les outre-mer, domaine interministériel par essence : « Si les arbitrages interministériels ne fonctionnent pas, et aujourd’hui ils fonctionnent mal, on a un problème assez massif. » 

Vie chère : « Il n’y a pas de baguette magique »

Arrivé en Polynésie mardi dernier, Hervé Mariton a évidemment entendu parler du colloque sur la vie chère à l’assemblée, mais il rappelle que le contexte international, avec notamment le renchérissement probable du transport maritime sur fond de guerre économique entre les États-Unis et la Chine, est aussi un facteur. Il prévient « qu’il n’y a pas de baguette magique » et qu’il faut « éviter toute tentation démagogique. (…) Le politique qui fait campagne sur le pouvoir d’achat prend des risques importants, parce que la probabilité est forte que le citoyen trouve toujours que le compte n’y est pas. »

Pour autant, rappelle Hervé Mariton, si la concurrence ne se réglemente pas de la même façon que dans les grandes économies, la transparence a son importance : « Il y a des lois qui doivent être respectées. Il y a un sujet qui vaut partout dans les outre-mer qui est la publication des comptes. Les entreprises ont pris l’habitude de ne pas tenir compte de cela. Publier les comptes, c’est quelque chose qui nous parait tout à fait normal. »

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