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Nouvelle-Calédonie : pas de discussions institutionnelles avant la fin du congrès du FLNKS, confirme Gérald Darmanin

En visite en Nouvelle-Calédonie, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin a accordé une interview commune aux médias locaux, ce vendredi. Il a notamment confirmé que les discussions institutionnelles sont reportées après le congrès du FLNKS, prévu en janvier. Les explications de notre partenaire Outremers360°.

« Je n’accélèrerai pas la cadence » a assuré le ministre, en déplacement en Nouvelle-Calédonie, le premier pour le locataire de la place Beauvau. Au cours de cette semaine, il s’est notamment entretenu avec les formations politiques de l’archipel, loyalistes et indépendantistes, mardi. Ces derniers, et précisément l’Union calédonienne, avaient affirmé à l’issue de leur entretien avoir obtenu un délai sur les discussions institutionnelles, que ce soit à l’occasion de bilatérales ou des travaux sur le projet d’avenir de l’archipel.

Vendredi soir à Nouméa, le ministre a donc confirmé ce nouveau délai. « Nous avons le temps pour organiser ces bilatérales » sur les sujets institutionnels, a assuré le ministre, qui  veut « laisser le temps à cette concertation, le temps à ce dialogue » avec les indépendantistes. « Dès que la délégation du FLNKS sera désignée », à l’issue de leur congrès prévu courant janvier, « je réitèrerai l’invitation à cette bilatérale à Nouméa ou à Paris ». « Je respecte la demande qui a été faite d’attendre la fin du congrès politique du FLNKS » a-t-il encore assuré, concernant les travaux sur le projet institutionnel calédonien.

« Toujours laisser la porte ouverte à l’autodétermination »

Tout en reconnaissant que « la précipitation n’est jamais mère de bon conseil », Gérald Darmanin a tout de même insisté sur la nécessité de « parler des sujets institutionnels après les trois référendums » d’autodétermination, qui ont eu pour issue la victoire du non à l’indépendance. Le ministre a également assuré ne pas céder à la « pression politique et médiatique », que ce soit en Nouvelle-Calédonie ou à Paris, alors que le gouvernement ne dispose que d’une majorité relative, rendant une révision constitutionnelle plus compliquée.

« La Nouvelle-Calédonie a choisi de rester dans le giron de la République française » a poursuivi le ministre, refusant ainsi l’organisation d’un 4e référendum demandé par une partie des formations indépendantistes, ces derniers rejetant toujours les résultats de la 3e consultation. Le ministre a toutefois rappelé que « l’autodétermination est toujours un droit dans la République française » et que, même si la Nouvelle-Calédonie doit désormais disposer d’un statut dans la Constitution, l’État entend « toujours laisser la porte ouverte à l’autodétermination ».

« Souveraineté partagée »

« On doit sortir de cette période d’incertitude » a martelé le ministre, évoquant des « évolutions possibles », notamment sur le corps électoral : « il ne s’agit pas d’ouvrir les listes électorales comme si rien ne s’était passé, mais considérer qu’une partie des (résidents en Nouvelle-Calédonie) a le droit de voter ». Il a aussi évoqué une « souveraineté partagée », notamment sur le « sujet diplomatique ». « Je n’ai pas trouvé beaucoup de différence d’approche entre les partis loyalistes et indépendantistes : ils souhaitent avoir plus d’autonomie, plus de respect pour leur propre avenir (…). On est prêt à faire des compromis » a-t-il assuré, appelant aussi à « entendre ceux qui, depuis très longtemps, demandent l’indépendance ».

« Il faut définir davantage le projet que la France a pour la Nouvelle-Calédonie » a poursuivi le ministre, citant à cet égard « l’axe indopacifique » et « la présence militaire de la France dans le Pacifique ». Il défend aussi une « présence plus forte de la France dans les enjeux climatiques, environnementaux, énergétiques » ou dans ceux liés au nickel, « une grande question de souveraineté pour la Nouvelle-Calédonie, la France et l’Europe ». « C’est un grand projet que doit porter la France dans le Pacifique », a insisté le ministre.

Ce vendredi, le ministre a installé le premier groupe de travail sur le projet d’avenir calédonien, celui porté sur l’autonomie alimentaire et le foncier, regroupant les deux députés de l’archipel, les présidents de la Chambre d’agriculture ou encore de l’Ocef et du Sénat coutumier, ou encore un membre du parti indépendantiste Palika.

Nickel : pas de « chèque » sans projet industriel

D’autres groupes de travail sur réuniront sur les thèmes de l’égalité des chances et de la cohésion sociale, du développement économique, de l’emploi et des grands investissements, du nickel, de la souveraineté énergétique et transition écologique, des valeurs, de l’identité commune et de la réconciliation, de l’intégration et du rayonnement régional et enfin des questions institutionnelles après le congrès du FLNKS.

Sur le sujet particulier du nickel, dont les travaux pourraient avoir lieu à Paris, le ministre a une nouvelle fois appelé à un « projet industriel ». Rappelant que l’État a déjà aidé la filière nickel calédonien, à l’occasion de prêts signés ces dernières années, le ministre a refusé « demander des chèques au ministre de l’Économie et des Finances », alors que deux des trois opérateurs sont en difficulté, et qu’une nouvelle aide de l’État aurait été demandée durant ce séjour. « L’État ne sera au rendez-vous que s’il y a un projet industriel » a-t-il insisté.

Avec Outremers360° – JT Faatau

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