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Nouvelle-Calédonie : quatrième échec pour élire un président du gouvernement

Le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, élu le 17 février dernier, ne peut toujours pas entrer en fonction après le quatrième échec mercredi pour désigner un président, en raison de divergences entre les deux groupes indépendantistes.

Disposant de six ministres sur 11, les indépendantistes du FLNKS (Front de libération nationale Kanak socialiste) sont majoritaires au sein de l’exécutif collégial, pour la première fois depuis le début de l’accord de Nouméa (1998). Mais les deux courants de la coalition indépendantiste, l’Union Calédonienne (UC) et l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), qui ont chacun trois membres dans le gouvernement, revendiquent son pilotage.

A trois reprises depuis le 17 février, leurs deux candidats, Samuel Hnepeune (UC) et Louis Mapou (UNI), se sont neutralisés. Mercredi, arguant que les négociations étaient en panne, les représentants de l’UNI ne sont pas venus à la convocation du haut-commissaire de la République pour tenter un nouveau tour de scrutin. « Les conditions n’étaient pas réunies pour que cette demande du haut-commissaire puisse aboutir à un résultat positif, notamment pour l’élection d’un président et d’un vice-président » a justifié le candidat de l’UNI, Louis Mapou, interrogé par Nouvelle-Calédonie La 1ère. Il explique également que son partenaire indépendantiste l’UC « n’est pas entré en contact » avec son groupe et a, « de façon unilatérale », communiqué sur son positionnement à savoir, remettre la présidence du gouvernement à Samuel Hnepeune.

L’élection, à huis clos, s’est donc déroulée sans eux et n’a toujours pas abouti. Samuel Hnepeune a recueilli trois voix, Thierry Santa, président sortant loyaliste (Avenir en Confiance AEC, droite) en a obtenu 4 et le membre du gouvernement du parti de centre-droit Calédonie ensemble a voté blanc. La majorité absolue est requise pour élire le président de l’exécutif.

Gouvernement en panne, budget arrêté par le haut-commissaire

« Il est nécessaire d’arrêter cette mascarade, la Nouvelle-Calédonie a besoin d’un gouvernement de plein exercice », a protesté Yoann Lecourieux, membre de l’exécutif AEC, mettant en avant la crise du budget et celle des comptes sociaux. Pour la première fois depuis des décennies, le budget annuel de la collectivité a été arrêté mardi par le haut-commissaire de la République, le gouvernement sortant ne pouvant qu’expédier les affaires courantes.

En dépit d’intenses pourparlers, les deux courants du FLNKS n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente, même si l’approche d’un déplacement à Paris du 25 mai au 3 juin, à l’invitation du Premier ministre Jean Castex pour discuter de l’avenir politique de l’archipel, « pourrait faire évoluer les choses », selon un membre du gouvernement UC. La semaine dernière, le FLNKS avait estimé qu’il n’y avait « pas urgence » à se rendre à Paris déplorant une mission « mal préparée » par l’État, mais lundi l’Union Calédonienne a finalement annoncé qu’elle irait. L’UNI réserve encore sa position.

Après deux référendums sur l’indépendance en 2018 et 2020, remportés par les pro-français (56,7% puis 53,3%), le processus de décolonisation de l’accord de Nouméa arrive à son terme, avec la tenue avant octobre 2022 d’un troisième et dernier scrutin référendaire.

Avec Outremers360

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