ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ Pacific Pirates, le média qui veut naviguer à « contre-courant » de l’actualité Charlie Réné 2022-02-23 23 Fév 2022 Charlie Réné Six mois après la disparition de Tahiti Pacifique, d’anciens collaborateurs veulent faire renaître « l’esprit » du magazine dans un site d’information payant. En figures de proue, l’indépendance et la pluralité. Mais pas question de se lancer dans la « course à l’info », Pacific Pirates Media veut « prendre du recul », et promet, si les lecteurs suivent, de jouer les « poils à gratter ». Levée d’ancre le 1er mars. Un petit nouveau dans le paysage médiatique du fenua. Pacific Pirates Media hisse les voiles ce 1er mars sur le web. À la barre, Dominique Schmitt, dernier rédacteur en chef de Tahiti Pacifique. Le magazine, victime de la « crise » et de la chute du nombre de lecteurs, avait vu paraitre son dernier numéro en septembre 2021. Mais l’idée de créer un nouvel « espace d’expression » n’avait pas tardé à germer chez quelques « anciens ». Fini le papier, finis, aussi, les actionnaires : Dominique Schmitt, qui après avoir lancé une cagnotte, finance le projet « sur fonds propres », n’a rien à redire sur ses anciens patrons, mais met en avant l’idée d’un média « totalement indépendant ». Et reprend à son compte « l’esprit » de TPM : pas si loin de la « goutte de liberté dans l’océan », Pacific Pirates Media (PPM, là aussi un clin d’œil) met en avant « le vent de liberté » qu’il veut souffler. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2022/02/PIRATE-1.wav Côté équipe, Dominique Schmitt dit pouvoir s’appuyer sur la « famille » des collaborateurs, plus ou moins réguliers, des derniers numéros de Tahiti Pacifique, élargie à quelques nouvelles plumes. Pigistes, chroniqueurs, universitaires et artistes… « On veut vraiment de la diversité dans les points de vue, et l’idée c’est de laisser à chacun le choix de ce dont il veut parler », reprend le journaliste. Les abonnés pour se tenir à flot Pas question, donc de se lancer « dans la course à l’info » ou dans la guerre de l’immédiateté. L’idée est de « prendre du recul », quitte à moins publier, de laisser « plus de place à l’analyse » ou aux points de vue « décalés ». Mais en matière de presse, les moyens pèsent souvent plus lourd que les ambitions. Le site devrait s’en remettre « un peu » à la publicité – quelques annonceurs ont déjà « joué le jeu » – et beaucoup à ses abonnés. Car si les pages « humour » et quelques entrées d’actualités resteront en accès libre, pour lire les chroniques, dossiers et autres contenus culturels, il faudra payer 1 000 francs par mois ou 9 000 francs par an. Des abonnements et un format « pure player », d’autres s’y sont cassé les dents, mais Pacific Pirates parie « sur les lecteurs qui auront envie de soutenir ce nouveau média » et son « positionnement décalé ». « C’est la symbolique de ce nom : on avait envie de dire qu’on pouvait faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux, explique-t-il. Le pirate, ça symbolise un peu la liberté, la résistance, on a envie d’être à contre-courant de ce qui se fait, avec une presse un peu plus engagée ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2022/02/PIRATE-2-bis-abonnes.wav