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Pico Yan Tu nommé représentant au CESE à Paris

© Benoît Buquet

Le secrétaire général de A Tia I Mua, Jean-Marie Yan Tu dit « Pico », a été désigné représentant de la zone Pacifique au Conseil économique, social et environnemental à Paris, pour un mandat de 5 ans. Il succède à Christian Vernaudon, et coiffe au poteau une douzaine de candidats.

L’arrêté pris par le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, daté du 26 avril, vient de nommer les représentants des Outre-mer français au CESE, le Conseil économique, social et environnemental à Paris. Si leur nombre est passé de 11 à 8, la zone Pacifique conserve ses deux représentants. Il s’agit du Polynésien Jean-Marie « Pico » Yan Tu, secrétaire général du syndicat de salariés A Tia I Mua, et de la Calédonienne Ghislaine Fogliani, qui fut la première femme maire de Nouvelle-Calédonie, à Farino. Plusieurs candidats étaient attirés par le poste, notamment Patrick Bagur (Medef-PF) ou Winiki Sage (FAPE).

Pico Yan Tu dit y avoir réfléchi « depuis un bon moment » et en avoir parlé avec la CFDT, la confédération syndicale à laquelle appartient A Tia I Mua. Il explique avoir deux motivations principales. D’abord le combat pour le nettoyage des sites nucléaires – il a travaillé 18 ans à Moruroa – prévu dans l’accord entre l’assemblée territoriale et la France. Et le combat contre la montée des eaux, pour ce natif de Fakarava qui voit monter aussi l’inquiétude des habitants, dit-il.

Quant à Christian Vernaudon, il se félicite que le nombre de représentants du bassin Pacifique soit maintenu  : « On s’est battu pour (…) notamment avec l’aide de Maina Sage d’ailleurs, la seule députée ultramarine qui est montée au créneau. » Il a effectué deux mandats au CESE, le premier de 1993 à 1998, et le second de 2015 à 2021 après Patrick Galenon. Il a été le rapporteur du projet de loi sur l’égalité réelle Outre-mer (EROM). En décembre dernier, il a été nommé rapporteur de la saisine du Premier ministre Jean Castex sur la déclinaison du plan de relance post-covid dans les Outre-mer. Rendu fin janvier, cet avis du CESE insiste sur la nécessité de faire des plans « cousu-main » pour chaque territoire, sur le financement des communes, et sur la problématique des Prêts garantis par l’État accordés aux entreprises ultramarines.. « C’est le très, très gros dossier sur lequel je vais continuer à intervenir au niveau national, pour que les compagnies aériennes et les hôtels polynésiens notamment puisse obtenir qu’une partie de ces PGE soient convertis en subventions. C’est la clé pour pouvoir redémarrer et ne pas conduire ces entreprises à la faillite. » C’est pour terminer ce travail, dit Christian Vernaudon, qu’il était candidat à sa propre succession, mais il entend « continuer à défendre ces dossiers, comme je le fais depuis maintenant 40 ans. » Il « souhaite bon courage à Pico, c’est beaucoup de travail. »

 

Troisième assemblée de la Republique après l’Assemblée nationale et le Sénat, le CESE compte, depuis la réforme votée en mars dernier, 175 membres au lieu de 233 : 52 membres représentent les salariés, 52 représentent les entreprises, les exploitants agricoles, les artisans, les professions libérales, les mutuelles, les coopératives et les chambres consulaires, 45 membres sont désignés au titre de la cohésion sociale et territoriale et de la vie associative, et 26 membres au titre de la protection de la nature et de l’environnement.

La mission première du CESE est de conseiller les pouvoirs publics en matière économique, sociale et environnementale. Il est obligatoirement saisi pour avis des plans ou des projets de loi de programmation à caractère économique, social et environnemental. Il peut être saisi par le Gouvernement de tout projet ou proposition de loi, d’ordonnance ou de décret entrant dans le champ de sa compétence. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, il peut également être saisi par voie de pétition.

Il peut enfin être consulté par le Gouvernement et le Parlement sur tout problème économique, social et environnemental (art. 70 de la Constitution) ou même se saisir lui-même sur toute question entrant dans le champ de sa compétence. Le Conseil n’a pas de pouvoir de décision.

 

 

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