ACTUS LOCALESPOLITIQUE Pour le Tapura, Oscar Temaru va chercher à reprendre la présidence du Pays La rédaction 2026-04-08 08 Avr 2026 La rédaction Les militants et élus Tavini s’étaient promis, sous l’insistance de Tony Géros, « d’agir » le 9 avril face aux démissions en cascade. Le parti pourrait chercher à faire tomber le gouvernement Brotherson, en lui demandant une démission qu’il a lui-même offerte, ou en tentant de faire passer une motion de défiance transpartisane. Mais qui pour diriger le Pays pendant les deux dernières années de la mandature ? Le Tapura croit avoir la réponse : « le seul recours » pour le parti bleu ciel, qui a vu les limites du « miracle du jeunisme » reste « encore et toujours Oscar Temaru », âgé de 81 ans, mais qui « semble de nouveau prêt à devenir président », pour la sixième fois. Un scénario qui implique toutefois que les élus autonomistes élisent ou laisse élire le leader indépendantiste. Le Tapura s’inquiète du « retour d’Oscar Temaru » à la présidence de la Polynésie. Pour les autonomistes, c’est le « résultat inattendu » de la crise interne, et désormais de la scission du Tavini. Certains élus et militants fidèles au parti, remontés contre les démissions en cascade et le rôle désormais confirmé que joue Moetai Brotherson dans cette scission, demandent effectivement la démission du président du Pays et de son gouvernement. Une demande évoquée en réunion au siège du parti vendredi dernier, quand Tony Géros a haussé le ton et contesté la ligne de « réconciliation » prônée par Oscar Temaru. Beaucoup ont alors rappelé qu’une semaine plus tôt, au même siège de Faa’a, le chef de l’exécutif avait lui-même assuré qu’il démissionnerait si le parti le lui demandait. Mais qui pour le remplacer ? Le président de l’assemblée qui vient d’être défait dans les urnes à Paea ? C’est plutôt vers le président et fondateur du parti, à qui tous les élus démissionnaires ont, ces derniers jours assuré de leur « respect » ou leur « reconnaissance » que les regards se sont tournés. Et c’est ce qui fait constater au parti autonomiste, qui s’était jusque-là contenté de dénoncer « l’irresponsabilité politique qui gangrène la majorité indépendantiste », qu’Oscar Temaru « semble de nouveau prêt » à reprendre, à 81 ans, les manettes du Pays pour la sixième fois. « Le miracle du jeunisme semble avoir atteint ses limites » « Face aux difficultés du mouvement, la solution a été rapidement trouvée : ni Moetai Brotherson, ni Géros, ni la nouvelle génération, ni les cadres du parti… Un peu comme dans les vieux films : quand tout va mal, le héros historique revient sauver l’histoire », ironise le parti sur sa page Facebook ce mercredi. Le Tapura rappelle qu’Oscar Temaru « avait tenté l’expérience de la jeunesse » avec l’élection de trois députés indépendantistes en 2022 et celle de Moetai Brotherson à la tête du Pays en 2023. « À l’époque, on parlait d’une nouvelle génération, d’un nouveau souffle, d’un nouveau leadership. Mais quatre ans plus tard, le miracle du jeunisme semble avoir atteint ses limites. Et on ressort la solution historique : Oscar. » Reste que ce scénario du retour aux commandes du Pays d’Oscar Temaru implique quelques contorsions politiques. Car pour faire tomber le gouvernement de Moetai Brotherson sans démissions collectives d’élus Tavini et donc sans nouvelles élections territoriales, il faut une motion de défiance. Le groupe Tavini et ses 22 élus aura pour cela besoin de 35 voix à Tarahoi… Et donc de celles du groupe Tapura, puisque le groupe A Fano tià s’est engagé pour la « stabilité » de l’exécutif. Le Tavini pourrait aussi demander à Moetai Brotherson de tenir son engagement pris au siège du parti de démissionner « si le parti le lui demande ». Un engagement qu’il conditionnerait toutefois désormais, d’après Tematai Le Gayic, au vote d’une résolution dans ce sens en Congrès du Tavini, puisque « le parti ça n’est pas un seul homme ». Encore faudrait-il, dans ce cas là, faire accepter à la majorité absolue de 29 voix la candidature d’Oscar Temaru pour former un nouveau gouvernement, potentiellement contre celle de Moetai Brotherson, redevenu représentant (et qui remplacerait alors Ah-Ky Temarii, actuellement dans le groupe Tavini). Impossible sans les voix du Tapura lors des deux premiers tours de scrutin, imaginable au troisième tour, si le Tapura et les non inscrits choisissent de s’abstenir. Quoiqu’il en soit, si Oscar Temaru redevient président, ce sera parce que les autonomistes l’auront bien voulu.