ACTUS LOCALESSPORTS Tauhiti Nena, redevenu représentant de la boxe au fenua, ne s’inquiète pas pour Tahiti 2027 Maia Galot 2026-04-08 08 Avr 2026 Maia Galot Kainuu Temauri et Tauhiti Nena lors de la signature de la convention de DSP. Le ministre des Sports Kainuu Temauri a signé, ce mercredi, la convention de délégation de service public qui replace Tauhiti Nena et sa Polynesian Boxing Association comme les représentants officiels de la boxe dans le pays et à l’international. Le Pays assure que cette DSP a été attribuée au terme d’une instruction « objective et sans choix politique », dans laquelle le dossier de la FBPF d’Ismael Tahiata, délégataire depuis 2019, a été écarté car « non conforme ». Comme l’a déjà pointé le COPF, la PBA, contrairement à la FBPF, n’est pas affiliée à la fédération internationale reconnue par le mouvement olympique, ce qui pourrait compromettre la participation des boxeurs tahitiens aux Jeux du Pacifique. Le ministère ne se montre toutefois pas alarmé et Tauhiti Nena assure qu’il va pouvoir entamer les procédures d’adhésion grâce à cette DSP. On le sait depuis fin mars, le gouvernement a attribué la délégation de service public (DSP) pour la boxe anglaise à la Polynesian Boxing Association Tahiti (PBA) de Tauhiti Nena, pour une durée de six ans. Ce mercredi 8 avril, la fédération signait avec le ministère des sports les conventions liées, de subventions et d’exclusivité de la représentation de la discipline au niveau local, national et international. La décision avait été actée un mois et demi après l’attribution des DSP de 32 autres disciplines. Cause de ce délai, un avis défavorable en commission consultative du Comité Olympique de Polynésie Française (COPF), qui avait pointé que la PBA n’est pas affiliée à la World Boxing, fédération internationale qui a reçu une reconnaissance provisoire en février 2025 du Comité international olympique (CIO), ce qui pourrait compromettre la participation des boxeurs polynésiens aux Jeux du Pacifique Tahiti 2027. Le ministère des Sports met en avant une procédure d’attribution « claire et transparente » Ce mercredi, Kainuu Temauri a tenu à expliquer cette décision, la boxe anglaise étant un « cas particulier dans le paysage sportif » puisqu’elle compte deux fédérations en Polynésie Française, d’une part la PBA et de l’autre la Fédération de boxe de Polynésie Française (FBPF), délégataire entre 2019 et 2024. D’après le ministre des Sports, dans le cadre d’une procédure « claire et transparente« , seul un dossier de candidature à la DSP était conforme aux attentes du cadre de réglementation posé par le gouvernement. « Le choix n’était pas à faire entre deux fédérations, c’était celui d’attribuer la DSP à la PBA ou à personne » a t-il précisé, « la PBA rempli toutes les cases pour bénéficier d’une DSP« . Présent à la signature, Laurent Heinis, directeur de la Direction de la Jeunesse et des Sports (DJS), a détaillé la procédure appliquée pour l’octroi de la DSP, identique pour toutes les disciplines sportives, dans le but de démontrer que cette décision s’est voulue objective et sans choix politique – ce que la FBPF conteste dans les médias et bientôt devant les tribunaux – dans le cadre d’une instruction administrative et technique. « La volonté qui est toujours assumée aujourd’hui c’était de rendre le processus apolitique, transparent et clair, appuie le ministre. Il est fixé par la réglementation, donc par notre Pays, par des arrêtés d’application. Partant de là, nous on ne peut pas déroger à ce cadre. Les fédérations ont été averties suffisamment en avance de ce cadre. Toutes ont été accompagnées et donc à partir du moment où l’une des deux fédérations ne respecte pas ce cadre juridique, on ne peut juste pas lui donner de délégation de services publics. A contrario, on a une fédération qui a joué le jeu, qui a fait le nécessaire, qui a ajusté ses statuts et qui aujourd’hui se voit délivrer une délégation de services publics« . https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/Kainuu-Temauri-DSP-boxe-1.wav Dans le dossier de la FBPF, c’est notamment la conformité des statuts qui n’était pas respectée, ces derniers s’appuyant sur des dispositions du Code du sport, issu de la réglementation française, laquelle diffère de la réglementation polynésienne. « Toutes les fédérations avaient les clés pour pouvoir répondre de manière convenable à cet appel à candidatures. La boxe n’est pas un cas isolé et d’autres fédérations sur d’autres disciplines sportives avaient déposé un dossier qui n’était pas tout à fait conforme. Chacune a eu un délai raisonnable pour pouvoir mettre en conformité son dossier, tous ont joué le jeu à l’exception d’une des fédération » a précisé le ministre en conférence de presse. Quid des boxeurs polynésiens aux Jeux Tahiti 2027 ? « Pas de soucis » selon le président de la PBA , Tauhiti Nena. Ce dernier, dont l’association est affiliée à la fédération internationale historique International Boxing Association (IBA), aujourd’hui plus reconnue par le CIO, assure que la PBA fera les démarches nécessaires pour être affiliée à la World Boxing à temps. « Au niveau de la Fédération Internationale, au niveau de la boxe,la maison mère de la boxe est l’IBA qui existe depuis 1946. Il est vrai qu’il y a trois ans, il y a une nouvelle fédération internationale qui s’est montée, et donc il y a des fédérations au niveau de la fédération internationale qui commencent à avoir des doubles affiliations, précise le président de fédération, conseiller municipal de Papeete et ancien ministre des Sports. Pour ma part, j’attendais d’avoir la délégation pour demander à l’IBA qu’il y ait une double affiliation, comme beaucoup de fédérations qui sont affiliées aujourd’hui à cette nouvelle fédération. Il y a plus de 200 fédérations qui sont affiliées à l’IBA, un peu moins d’une centaine qui sont affiliées à la World Boxing, et 90% de ces fédérations ont une double affiliation à l’IBA« . https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/DSP-BOXE-1-Tauhiti-Nena-.wav Un message soutenu par le ministère, qui souligne aussi que dans le cadre de l’attribution de la DSP, cet élément n’est pas le seul à compter : « La fédération délégataire a besoin de la reconnaissance d’abord pour pouvoir entamer les discussions avec les fédérations internationales. Moi, j’aurais surtout appuyé sur le fait que la délégation de service public, c’est 17 missions. Le fait de participer aux Jeux du Pacifique, c’est l’une de ces 17 missions, mais ce n’est pas la seule. On ne peut pas se fonder uniquement sur cette donnée pour pouvoir donner ou pas une délégation de service public. On a des enjeux en termes de promotion, ça fait partie des missions, de promotion de la discipline sportive, de formation des cadres. Tout ça est déjà fait par cette fédération depuis quelques années, donc on ne peut pas juste se baser sur cet élément. Il faut lui laisser le temps de pouvoir travailler pour pouvoir présenter des boxeurs. Et dernier élément, juste rappeler que sur les derniers Jeux du Pacifique, on était sur la configuration inverse et que la fédération qui n’était pas reconnue à l’international a participé aux Jeux. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/04/Kainuu-Temauri-DSP-boxe-2.wav Quelle suite pour la FBPF, ses clubs et ses licenciés ? Suite à la signature officielle de cette convention, la PBA deviendra la Federation Polynesian Boxing Association Tahiti (FPBAT) tandis que la Fédération de boxe de Polynésie Française va devoir changer de nom, le terme « fédération » accolé à celui de « Polynésie Française » ou « Tahitienne » étant une appellation protégée et prérogative de la fédération délégataire. De plus, le ministère appelle aussi les clubs et leurs licenciés à s’affilier à la fédération délégataire : « je suis convaincu que la division dans le monde sportif n’est pas à l’avantage du sportif. Il y a une volonté de fédérer tous les sportifs au sein d’une fédération » a affirmé Kainuu Temauri. Un message corroboré par Tauhiti Nena qui a souligné que « tous les clubs sont les bienvenus pour intégrer la fédération et les sélections pour les Jeux« . Mais la discussion devrait d’abord s’exporter devant le tribunal, la fédération d’Ismaël Tahiata, toujours soutenue par le COPF, n’ayant pas baissé les bras.